"Élève Blanquer au tableau !" : quand les ministres sont évalués

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Hélène Jouan évoque un sujet précis de la vie politique.

C’était un engagement de campagne d’Emmanuel Macron ; et son premier ministre s’y colle à partir d’aujourd’hui. Edouard Philippe va recevoir ses ministres afin de les évaluer.

Dans la "start-up nation France",  le président estime que personne ne doit échapper aux règles idéales censées prévaloir dans l’entreprise, surtout pas le monde politique. Ce monde soupçonné par l’opinion publique d’être l’antre de la sclérose, du bla-bla et de l’inefficacité. Le candidat Macron avait assuré que ses ministres auraient "une feuille de route, des objectif, une évaluation", une épée de Damoclès au-dessus de leur tête: "s’ils ne les remplissent pas, je ne les maintiendrai pas". L’examinateur désigné Edouard Philippe la joue plus cool, jurant être moins dans la "sanction" que dans "l’amélioration". Bonne façon de dé-stresser les candidats. Mais un ministre confie ne pas être dupe, et s’attend à un remaniement, pas immédiatement, peut-être à la rentrée de septembre, mais enfin, il faut bien que ça serve à quelque chose. Et de fait avoue-t-il "y a des ministres qui impriment et d’autres pas"

Quels sont les critères d’évaluation pour les ministres reçus?

"Exemplarité, collégialité, efficacité" brandit-on. Et là…on souhaite bien du courage à Edouard Philippe ! Exemplarité quand un ministre sort un joker sur les 80km/h, LA décision de son examinateur ? Collégialité quand un autre boude une conférence avec son collègue de l’agriculture parce qu’il n’est pas d’accord avec les conclusions retenues ? Cases cochées sur des objectifs précisément fixés comme par exemple, le nombre de places de prison mises en chantier pour la ministre de la Justice. Oui, mais quand l’une est libérée pour cause d’évasion spectaculaire, on enlève le point à qui ? Par ailleurs, l’efficacité d’un ministre, c’est une vaste question : est-elle mesurable par rapport à l’écho que celui-ci donne à son action dans les médias, à la résolution de crises traversées par son secteur, l’agriculture, le malaise dans les hôpitaux ou dans les forces de l’ordre, que sais-je, ou encore à l’efficacité des mesures prises pour faire baisser le chômage ?

Il existe des critères objectifs tout de même ?

Oui par exemple, les économies réalisées sur la dépense publique puisque c’est l’un des engagements de l’exécutif. La Cour des comptes vient de pointer "les grandes fragilités et incertitudes" des prévisions du gouvernement sur sa trajectoire budgétaire. Mais, qui est responsable quand c’est évidemment le président et son premier ministre qui fixent les règles et le rythme de la stratégie d’économie? Ça tombe bien, le second échappera au rendez-vous formel  du Grand O avec son N+1 ; leur déjeuner hebdomadaire fait office de. Le contrôle continu, y a que ça de vrai !