Le secteur du bâtiment mécontent des contraintes sanitaires : "On va finir par en crever"

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Entreprise bâtiment santé coronavirus
Les normes sanitaires sont très strictes sur les chantiers, pour limiter la propagation du virus. © Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP
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La dirigeante d'une entreprise de couverture confie à Europe 1 sa lassitude de voir les contraintes sanitaires grever son activité, déjà fortement touchée par le confinement.

Le reflux de l'épidémie de coronavirus se poursuit, l'activité reprend peu à peu son rythme normal… Pourtant, de nombreux secteurs composent avec des contraintes sanitaires imposées pour limiter la propagation du virus. C'est le cas des artisans du bâtiment, obligés de respecter des normes strictes dans la reprise de leur activité. Europe 1 a recueilli le cri du coeur de la dirigeante d'une entreprise de couverture.

"De grâce, laissez-nous respirer" : c’est ainsi que l'on pourrait résumer l'appel de Céline Coutant, qui co-dirige avec son frère depuis plusieurs années Alain Coutant Couverture, créée par leur père il y a 34 ans. Implantée à Mauléon, dans les Deux-Sèvres, l'entreprise emploie 35 salariés et travaille aussi bien pour les collectivités publiques que pour le secteur privé.

"De la trésorerie qui dort"

Excédée, Céline Coutant pointe aujourd'hui la lourdeur des mesures qui limitent la présence de plusieurs corps de métier sur un même chantier. Selon elle, ces mesures entrainent des allongements de plannings coûteux pour son entreprise : "On a les matériaux qui sont stockés, donc c'est de la trésorerie qui dort. On a des échafaudages qui sont sur les chantiers, on est obligés de les laisser, donc c'est de la location d'échafaudages qui dort aussi. On nous oblige à doubler les bases de vie sur les chantiers, à les désinfecter de nombreuses fois par jour, donc là encore c'est aux entreprises de mettre la main à la poche."

"On nous laisse des contraintes très fortes"

Pour résumer, "on nous impose des contraintes très fortes et on nous les laisse encore maintenant, alors qu'on assouplit partout" face à une épidémie qui est "sous contrôle", d'après le Conseil scientifique. "Donc on va finir par en crever", lâche Céline Coutant.

D'après elle, la perte de production que son entreprise subit du fait de toutes ces contraintes s'élève à 10 à 15% de l'activité totale. La dirigeante s’en passerait bien, après l’arrêt complet du travail au début du confinement et la reprise progressive de ses chantiers à partir du mois d’avril.