Coronavirus : on vous résume les nouvelles mesures de soutien aux entreprises

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Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a précisé les mesures prises par l'Etat pour venir en aide aux entreprises françaises. 5:44
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a précisé les mesures prises par l'Etat pour venir en aide aux entreprises françaises. © ERIC PIERMONT / AFP
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Le ministre de l'Economie a précisé mardi matin les mesures prises par l'Etat pour venir en aide aux entreprises françaises impactées par l'épidémie de coronavirus. Il entend par ailleurs faciliter l'octroi de la "prime Macron" aux salariés continuant à se rendre sur leurs lieux de travail. 

"Chaque semaine de confinement supplémentaire a un impact sur notre croissance." Mardi matin, Bruno Le Maire a tenu une conférence de presse en ligne pour faire un point sur les conséquences de l'épidémie de coronavirus pour l'économie française. Il a précisé les modalités d'une batterie de mesures prises par l'Etat pour venir en aide aux entreprises touchées. Comparant l'actuelle crise sanitaire à la grande crise économique de 1929, il a mis de côté l'idée d'un "rebond rapide" en fin d'épidémie, expliquant ne pas croire à un soudain "coup de baguette magique". "Il faudra réfléchir à des dispositifs de soutien" au niveau européen pour accompagner la reprise, a-t-il indiqué. Mais pour le moment, le gouvernement pare au plus urgent.

Faciliter l'octroi des "primes Macron"

Bruno Le Maire encourage tout d'abord les entreprises à récompenser les salariés qui continuent à se rendre chaque jour sur leurs lieux de travail. Le gouvernement va faciliter l’octroi de la prime dite Macron, prime défiscalisée accordée après la crise des "gilets jaunes". Dans les entreprises de moins de 250 salariés, Bruno Le Maire a annoncé que celle-ci ne serait plus soumise à un accord d'intéressement. Il a également lancé un appel aux entreprises : attention pour le moment à limiter les dividendes des actionnaires afin de privilégier les salariés. 

Financement à la hausse du chômage partiel 

Pour ceux qui ne peuvent pas aller travailler, l’activité partielle bondit chaque jour : 730.000 salariés sont déjà concernés. Le coût de la mesure s'élève déjà à 2,2 milliards d'euros, a indiqué le ministre en ajoutant : "On a provisionné 8,5 milliards d'euros, ça sera davantage." En finançant le chômage partiel des salariés contraints à l'arrêt, l'Etat vise à sauvegarder des emplois en cas de baisse temporaire d'activité.

Des prêts garantis par l'Etat pour les entreprises en difficulté

Le gouvernement a aussi mis en place un nouveau dispositif de prêts garantis par l’Etat pour toutes les sociétés se trouvant en difficulté. "C'est un dispositif simple, massif et inédit, monté en quelques jours par l’Etat, les banques et avec le support de la BPI. L’idée c’est d’offrir à toutes les entreprises trois mois de chiffre d’affaires sans remboursement pendant un an, et avec la possibilité d’étaler le remboursement ensuite jusqu'à cinq ans", explique Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas, au micro d'Europe 1. Qui précise : "En ce qui concerne la BNP, ce sera à un taux de 0,25% pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 50 millions d'euros, et 0,50% au delà."

Pour plus d'infos sur ce dispositif de prêts, lire notre article : comment va fonctionner la garantie d'Etat des prêts aux entreprises ?

Toutes les entreprises françaises y auront droit. "Il y en aura pour tout le monde, il n’y aura pas de rationnement. Mais nous traiterons les entreprises les plus en difficulté en priorité", assure Thierry Laborde. Tout est fait pour que ce soit simple et rapide. Mais gare aux mauvais payeur et aux fraudeurs... Les entreprises prises en défaut en matière de délai de paiement de leurs fournisseurs n’y auront pas droit.

 

Europe 1
Par Emmanuel Duteil avec Laetitia Drevet