Plan de relance de l'automobile : un "frein" ou un "coup de pouce" ?

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Automobile Coronavirus 1:31
Les concessionnaires s'attendent à une relance modérée de la demande de nouveaux véhicules. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Emmanuel Macron a annoncé mardi après-midi une série de mesures pour tenter de relancer un secteur de l'automobile moribond. Mais ces primes renforcées et autres nouvelles aides pourraient ne pas suffire, selon certains concessionnaires. D'autres, notamment les acheteurs, y voient un coup de pouce bienvenu.
REPORTAGE

Doper la demande et sauver un secteur : les mesures détaillées par Emmanuel Macron pour l'automobile, annoncées mardi après-midi, étaient attendues fébrilement par les concessionnaires. Et alors que la prime à la conversion va passer de 1.500 à 3.000 euros pour les foyers les plus modestes, avec un bonus pour les véhicules électriques, professionnels et clients sont partagés sur ce plan qui vise à stopper l'hémorragie causée par le coronavirus.

"Ce n'est pas très haut, l'aide est peut-être un peu légère", estime Fabien Magnoler. Ce sont surtout les nouvelles conditions de la prime à la conversion à destination des plus modestes qui ne parviennent pas à convaincre ce concessionnaire Kia de Toulouse. Il redoute que beaucoup de clients renoncent à leur projet en découvrant qu'ils ne sont pas éligibles. "Il y a tellement de conditions pour arriver à ce bonus… Tout le monde pense l'avoir. Quand on arrive ici, on leur dit qu'ils n'y ont pas droit. Au bout du compte, ça constitue un frein plutôt qu'une envie d'acheter."  

Un "coup de pouce" pour les clients ?

Cette prime à la conversion, renforcée pour permettre d'écouler les 400.000 unités qui n'ont pas été vendues pendant la crise, concernera les 200.000 premiers véhicules. Ce seuil sera-t-il suffisant pour relancer le secteur ? "Qu'est-ce que c'est, 200.000 voitures ? Ce n'est rien quand on sait qu'il se vend plus de 2 millions de véhicules par an dans une année normale", balaie Raymond Vié, qui dirige un garage Peugeot.

Mais ceux qui se frottent les mains sont ceux qui projettent d'acheter un véhicule électrique. "J'ai écouté ces annonces dans la voiture d'essai", confie Laurent, qui a découvert le dispositif alors qu'il testait une voiture électrique. "Je vais gagner 1.000 euros si je prends une voiture électrique, 2.000 euros sur une voiture hybride. Ça peut être le coup de pouce qui fait franchir le pas." 

Un point réunit concessionnaires et clients : le déploiement des bornes de recharge. L'objectif est d'atteindre 100.000 bornes en 2021, au lieu de 2022. Une bonne nouvelle, alors que la crainte de la panne reste un frein majeur à l'achat de voitures électriques.