L'ex-buteur de l'OM Jean-Pierre Papin sans filtre quand il s'agit de commenter l'actualité footballistique 16:53
  • Copié
Julien Froment
Il est à ce jour le premier (et le dernier) joueur français à avoir remporté le Ballon d’Or en évoluant dans un club français. Jean-Pierre Papin, "JPP" pour les intimes, était l’invité exceptionnel de Lionel Rosso dans Europe 1 Sport dimanche. L’occasion pour l’ancien attaquant des Bleus de revenir sur les sujets brûlant autour du ballon rond.
INTERVIEW

C'est à ce jour le premier (et le seul) joueur français à avoir remporté le Ballon d'Or en évoluant dans un club français. C'était en 1991 avec l'Olympique de Marseille. La légende Jean-Pierre Papin était invitée dimanche soir dans Europe 1 Sport. Et s'est exprimée sur l'arrêt de la Ligue 1, la Ligue des Champions et l'image du football français depuis le début d'une crise du coronavirus qui paralyse l'ensemble du monde du sport.

Sur l’arrêt de la Ligue 1

"Pour moi c’était la bonne solution. Ce que j’aurais préféré, c’est que ce soit plus solennel,de la part de l’UEFA, qui décide d’arrêter tous les championnats européens. Parce que là, on parle de reprise dans certains pays. Tout est un peu compliqué. Mais pour moi, arrêter, c’était une solution inévitable. Tant que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde, on peut discuter, mais encore une fois, le sport passe après tout ce qui s’est passé. Des gens sont morts. Il y a une instance, l’UEFA, qui est capable de dire stop, mais elle ne le fait pas. Cela me déçoit un peu. Si j’avais été joueur ? J’aurais eu envie de retourner sur le terrain. Après, est-ce que cela aurait été possible ? Je ne sais pas. Ma vie, c’est ça, c'est le football. Mais je comprends aussi ceux qui ont des doutes. Le seul club de Ligue 1 qui était pratiquement condamné, c’était Toulouse. Pour Amiens et Lyon, c’est plus difficile. Mais il fallait partir à l’heure. Si tu étais parti à l’heure, il n’y aurait pas de souci."

Sur les clubs contestataires

"On peut comprendre beaucoup de choses à partir du moment où l’exercice n’est pas terminé, on peut toujours imaginer qu’on puisse s’en sortir. Simplement, il y a une pandémie mondiale, il y a eu près de 25.000 morts en France. Sincèrement, le football passe après. Bien évidemment, les dirigeants se sentent lésés, mais les gens qui ont perdu des proches, ils ne sentent pas lésés eux aussi ? On a l’impression qu’on les a laissés tomber. C’est un peu choquant."

Sur la poursuite ou non de la Ligue des champions

"Il n’y a pas de paramètre sportif, il n’y a que le paramètre financier. On est dans une situation inédite que personne n’aurait imaginée, alors il faut faire avec. Pour moi, jouer la Ligue des champions sur 15 jours, cela n’a pas de valeur. Il fallait arrêter aussi, tant pis pour ce qui allait se passer. J’ai vécu moi aussi le fait qu’il n’y ait pas eu de finale de Coupe de France en 1992 (après les tragiques événements de Furiani, la chute d’une tribune provisoire avait fait 18 morts et des milliers de blessés, ndlr). Certains ont fait la gueule, puis ça n’a pas duré longtemps. On aurait pu faire la même chose.  Je pense qu’il fallait mettre un terme à tout et repartir avec une nouvelle saison. Et, surtout, repartir avec des spectateurs. Sans spectateurs, ça ne rime pas à grand-chose non plus."

Sur l’image du foot français depuis le début de la crise

"C’est typiquement français, c’est toujours comme ça dans notre pays. On y est habitués. Il y a des pays qui ont de grands championnats. On n’entend pas trop les Anglais, les Allemands, les Italiens ou les Espagnols. Il y a que nous qui faisons des vagues. Après je comprends, je sais que perdre des millions d’euros c’est difficile, voire problématique, mais comment faire autrement ? Si on ne prend pas des décisions, on n’avancera jamais. Tout le monde défend son bifteck, mais il faut laisser passer un peu de temps, la décision vient de tomber. Les recours, on n’y échappera pas à mon avis. Le gouvernement a pris des décisions pas faciles, mais il faut le respecter."

 

 

Sur l’Olympique de Marseille, deuxième de Ligue 1

"La saison est magnifique pour l’OM. C’est tout à fait légitime de finir second, c’est la meilleure équipe que j’ai vue derrière le PSG. Pour la Ligue des champions, il faut voir avec quel effectif, et pour y figurer comment. C’est bien pour le foot français que l’OM revienne au premier plan. Maintenant, la Ligue des champions est une compétition très compliquée et les supporters marseillais n’ont qu’une hâte, c'est de les voir bien figurer (la dernière participation remonte à 2013, l’OM avait fini dernier de son groupe avec six défaites en six matches, ndlr). Aucun Marseillais dans l’équipe-type ? Ce n’est pas important, le plus important, c’est le classement. J’ai vu une belle équipe, du beau football, ce n’est pas grave."

Sur le Paris Saint-Germain, toujours en lice en Ligue des champions

"Bien sûr, ils ont tout pour gagner la Ligue des champions, des grands talents, un beau stade, un beau public. Après, il faudra quoi qu’il arrive battre les meilleurs. Le Paris Saint-Germain a toujours tergiversé sur la fin. Il leur reste cinq matches (quarts de finale aller-retour, demi-finales aller-retour et finale, ndlr) pour la gagner. Bien sûr que c’est possible et je pense qu’il la gagnera un jour, j’en suis certain. Après il y a un paramètre qui entre en jeu, c’est le football, il faut être meilleur que l’autre. Que ce soit par Manchester ou par Barcelone, les Parisiens ont été surclassés alors qu’ils étaient certainement aussi forts."