Réforme des retraites : «Il n'y a pas d'interpellations injustifiées» selon le préfet de police

Laurent Nunez
«Il n'y a pas d'interpellations injustifiées» selon le préfet de police lors des manifestations contre la grève © Ludovic MARIN / AFP
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Europe 1 avec AFP
Le préfet de police, Laurent Nunez, a déclaré, ce mardi, sur les antennes de BFMTV qu'il n'y avait pas eu d'interpellations injustifiées à Paris dans le cadre des mobilisations contre l'emploi du 49.3. Le préfet a tenu à souligner par ailleurs "qu’un certain nombre de personnes n’ont pas été déferrées".

Le préfet de police Laurent Nuñez a affirmé mardi qu'il n'y avait "pas d'interpellations injustifiées" à Paris dans le cadre de la mobilisation contre l'emploi du 49.3 pour faire adopter la réforme contestée des retraites.

 

Des gardes à vue "arbitraires" ?

"Il n'y a pas d'interpellations injustifiées, je ne peux pas laisser dire ça", a déclaré Laurent Nuñez sur BFMTV, alors que syndicats d'avocats, de magistrats et des politiques de gauche ont dénoncé des gardes à vue "arbitraires". "On interpelle pour des infractions qui, à nos yeux, sont constituées" et, une fois le placement en garde à vue décidé par un officier de police judiciaire (OPJ), "nous avons 48 heures pour essayer de matérialiser l'infraction, c'est court", a insisté le préfet de police.

"Quand on arrive au bout des 48 heures, parfois, on n'a pas caractérisé l'infraction, on est dans un Etat de droit, c'est heureux et à ce moment-là, il n'y a pas de poursuites", a poursuivi Laurent Nuñez. Le préfet a souligné par ailleurs "qu'un certain nombre de personnes n'ont pas été déferrées (présentées devant un juge) mais il y a eu des alternatives aux poursuites, donc l'infraction était constituée".

292 personnes placées en garde à vue

Lors du premier rassemblement spontané jeudi, place de la Concorde, émaillé d'incidents, seules neuf personnes ont été présentées au parquet, notamment pour des rappels à la loi, sur les 292 placées en garde à vue. 283 procédures ont ainsi été classées sans suite, pour infraction insuffisamment caractérisée ou absence d'infraction.

Le lendemain, 60 personnes ont été placées en garde à vue : 34 procédures ont été classées, 21 ont mené à des mesures alternatives (rappel à la loi, avertissement probatoire) et cinq à un procès. Au total, 287 personnes, dont 234 à Paris, ont été interpellées lundi soir en France lors d'une cinquième soirée consécutive de manifestations spontanées contre l'usage du 49.3.

Ouverture d'une enquête administrative

Au cours de cette soirée, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre un policier qui assène un coup de poing au visage d'un manifestant.  Le préfet de police, qui a reconnu que le geste paraissait sur les images "inadapté", a indiqué avoir demandé l'ouverture d'une enquête administrative pour établir le déroulé des faits.