Pitié-Salpêtrière : regroupés en collectif, les gardés à vue livrent leur version

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Les manifestants placés en garde à vue se sont regroupés en collectif et ont donné leur version des faits samedi après-midi lors d'une conférence de presse. 
REPORTAGE

Ils ont été au cœur de la polémique de la Pitié-Salpêtrière, depuis la manifestation du 1er mai. Samedi, les manifestants placés en garde à vue, après être entrés dans l'enceinte de l'hôpital, racontent leur version des faits. Ils ont expliqué les conditions de leurs arrestations, comment ils ont été interrogés, parlant de pression psychologique, et même d'humiliation.

Regroupés dans un collectif baptisé "Le collectif des 34", certains d'entre eux ont pris la parole pour d'abord remercier le personnel de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, leurs avocats, les médias. Tous ceux, disent-ils, qui ont aidé à rétablir la vérité des faits. Les membres du collectif ont ensuite livré leur version de ce qu'il s'est passé mercredi, en fin d'après-midi. Ni "attaque", ni "intrusion violente" dans l'enceinte de l'hôpital, assurent-ils, mais "nécessité" de se réfugier pour fuir les gaz lacrymogènes et les coups de matraques des forces de l'ordre. Pour la première fois, ils ont surtout évoqué leurs conditions de garde à vue. Le texte qu'ils ont lu devant la presse emploie plusieurs fois le terme "d'ultra-violence policière". 

"Tout était mis en place pour nous forcer à témoigner"

"En pleine nuit, les forces de l'ordre venaient nous réveiller en frappant nos portes de cellules avec des matraques, et en passant les clés sur les grilles pour faire le plus de bruit possible et nous empêcher de dormir", lit une jeune femme du collectif. Elle poursuit : "dans la nuit, de nouveaux chefs d'accusations sont apparus sur les feuilles d'interpellations, à savoir 'bande armée', et 'utilisation d'objets explosifs'".

" Le dépôt était présenté comme un endroit n'abritant que des criminels, susceptibles de nous violer, pour certaines "

"Certains avocats ont demandé à voir leurs clients, mais les forces de l'ordre refusaient, expliquant qu'ils ne savaient pas où nous nous trouvions. Certains d'entre nous ont été appelés en pleine nuit pour une déposition, au moment où nous étions faibles psychologiquement et moralement. Tout était mis en place pour nous forcer à témoigner malgré notre droit de garder le silence. Le dépôt était présenté comme un endroit n'abritantque des criminels, susceptibles de nous violer, pour certaines", ajoute-t-elle. 

L'ensemble de la conférence de presse est disponible ci-dessous : 

"Faire payer un mensonge d'État"

Les 34 membres du collectif ont déclaré faire toujours l'objet d'une enquête préliminaire. À titre individuel certains envisagent déjà des démarches en justice dans le sens inverse pour "faire payer" ce qu'ils considèrent être un "mensonge d'État"

Europe 1
Par Théo Maneval, édité par Ophélie Gobinet