Pas-de-Calais confiné le week-end : à Saint-Omer, les habitants crient à l'injustice

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Dans le Pas de Calais, la commune de Saint-Omer est particulièrement touchée 1:21
Dans le Pas de Calais, la commune de Saint-Omer est particulièrement touchée © Capture d'écran Google map
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Parmi les 23 départements désormais classés sous "surveillance renforcée", seul le Pas-de-Calais, où l'épidémie progresse vite à la faveur du variant anglais, va être confiné le week-end. Et dans le département, Saint-Omer est la ville la plus touchée. Europe 1 s'y est rendue et la mesure ne fait vraiment pas l'unanimité.
REPORTAGE

"En Seine-Saint-Denis, ils ne sont pas confinés. Pourquoi ?", se demande, interloqué, un habitant de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Le Premier ministre l'a confirmé jeudi soir, le Pas-de-Calais va être reconfiné le week-end en raison de la progression du coronavirus dans le département, le seul des 23 sous surveillance renforcée à subir cette mesure. Saint-Omer est la commune où l'on relève la plus haute incidence, avec plus de 500 cas pour 100.000 personnes. Et les Audomarois rencontrés par Europe 1 ont clairement du mal à comprendre ce reconfinement, vécu comme une injustice.

"Je ne trouve pas ça très très normal. Surtout qu'en région parisienne, ils sont plus nombreux que par chez nous", réagit ainsi une autre habitante. Le Pas-de-Calais représente tout de même 1,4 million d'habitants, amenés à rester chez eux les prochains week-ends et ce, dès samedi 6 mars.

"Les personnes sont lassées et veulent quand même profiter"

Si un sentiment d'injustice domine chez certains, c'est la résignation qui s'installe chez d'autres, comme Frédérique, qui tient une boutique de prêt-à-porter. "J'ai l'impression qu'on nous tue à petit feu. On nous fait fermer à 18 heures, et les samedis où on travaille on nous dit qu'on va fermer... Qu'est-ce qu'il nous reste maintenant ?"

Juste en face de ce magasin se trouve une officine. Chaque jour, en moyenne, y sont réalisés une dizaine de test antigéniques. Et à chaque fois, c'est un cas positif. "Ça fait peur", constate Laura, pharmacienne, "parce qu'on voit qu'il y a eu un petit relâchement. On a aussi le sentiment que les personnes sont lassées et veulent quand même profiter."

D'après plusieurs médecins généralistes, ce taux d'incidence élevé à Saint-Omer s'explique par la présence importante du variant anglais, plus contagieux, et la proximité géographique avec Dunkerque.

Europe 1
Par Maximilien Carlier, édité par Séverine Mermillod