"On n'avait pas envie de se croiser, de discuter" : le boom des divorces post-confinement

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En France, selon un sondage Ifop, 11% des couples veulent prendre leurs distances, 4% souhaitent même se séparer définitivement. 1:23
En France, selon un sondage Ifop, 11% des couples veulent prendre leurs distances, 4% souhaitent même se séparer définitivement. © Pixabay
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Le confinement a été une épreuve pour tout le monde, notamment pour les couples. Une augmentation des divorces est constatée en Chine, en Russie et en Espagne. En France, 4% des couples souhaitent aussi se séparer définitivement, selon un sondage Ifop. À l'image de Marc, qui témoigne sur Europe 1 mardi.
REPORTAGE

Qu’on l'ait passé en couple ou en famille, le confinement instauré pour endiguer l'épidémie de coronavirus a été, pour beaucoup, une épreuve difficile. En Chine, en Russie ou encore en Espagne, on constate ainsi une flambée des divorces. Et en France, 11% des couples veulent prendre leurs distances, et 4% souhaitent même se séparer définitivement, selon un sondage Ifop. À l'image de Marc et de sa femme. Il témoigne au micro d'Europe 1, mardi.

"Le confinement est là pour nous rappeler qui on est vraiment"

"Le confinement va venir empirer la chose parce qu’on n'a pas envie de se croiser, de discuter", constate Marc. Après huit ans de mariage, lui et sa femme avaient des relations tendues. Ils espéraient que le confinement allait les rapprocher, comme une dernière chance pour sauver leur couple. Mais pour eux, enfermés avec leurs deux enfants dans leur maison près d’Hazebrouck, ce fut tout l’inverse.

"C’était reculer pour mieux sauter. Le confinement est là pour nous rappeler qui on est vraiment, ce qui est important", explique Marc. "Quand on a une dispute et que l’enfant vient nous voir et nous demande pourquoi on se dispute, on se dit qu’il faut faire quelque chose." Depuis, le couple est en instance de divorce.

Les avocats constatent l'augmentation des demandes de divorce

Le cas de Marc et de sa femme est cependant loin d’être un cas à part. Depuis le confinement, le téléphone de Maître Élodie Ribeiro, avocate à Paris, sonne deux à trois fois plus que d’ordinaire. "Il y avait déjà une petite idée derrière, ou, en tout cas, le confinement a permis de se rendre compte des choses", estime-t-elle.

"Maintenant, les raisons n’ont pas beaucoup changé. Ce qui a changé, c’est que le confinement a accéléré la prise de décision et le process de séparation tout simplement", observe-t-elle. Face à l’afflux de ces nouvelles demandes, son cabinet envisage même de recruter un avocat supplémentaire.

Europe 1
Par Joanna Chabas, édité par Céline Brégand