Obsèques virtuelles et numéros d'écoute : comment faire son deuil en période de confinement ?

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À cause du confinement, de nombreuses personnes ne peuvent faire leur deuil dans des conditions normales. 3:30
À cause du confinement, de nombreuses personnes ne peuvent faire leur deuil dans des conditions normales. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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En période de confinement, impossible pour beaucoup de Français de se déplacer pour rendre un dernier hommage à un proche disparu. Mais de nombreuses initiatives voient le jour dans le pays, afin de permettre aux personnes endeuillées de se sentir moins esseulées en ces temps difficiles. Tour d'horizon au micro d'Europe 1. 

Comment rendre un dernier hommage lorsque l’on ne peut pas sortir de chez soi ? Alors que la France vit confinée depuis quatre semaines, des milliers de personnes vivent leur deuil seules, sans pouvoir se rendre aux obsèques de leur proche disparu. En cette période d'épidémie de coronavirus, les règles sont strictes : ne sont autorisées à assister à l’enterrement que 20 personnes au maximum, issues du cercle familial. Depuis un mois, les crématoriums ont par ailleurs interdit leur accès au public. Lorsque le défunt est mort du coronavirus, la famille n’est pas non plus autorisée à assister à la mise en bière. Toutes ces restrictions ont poussé entreprises, associations, cultes et mairies à mettre sur pied toutes sortes d’initiatives pour venir en aide aux Français endeuillés.

 

Plusieurs plateformes numériques proposent notamment de retransmettre des obsèques en ligne, afin de permettre à un cercle de proches un peu plus large de rendre au défunt un dernier hommage. "Il vous suffit d’un smartphone pour assister aux obsèques", explique Philippe Meyralbe, co-fondateur d’AdVitam, au micro d’Europe 1. Cette société de pompes funèbres propose aux familles de retransmettre une cérémonie en direct, sur son site internet. Depuis le début du confinement, elle a rendu ce service gratuit.

Plateformes et numéros d'écoute pour les personnes isolées

 

Se retrouver entre amis, partager sa peine avec d’autres, évoquer le défunt : voilà des étapes importantes pour faire son deuil, que le confinement met aussi à mal. Après la cérémonie, comment porter assistance aux personnes isolées qui n’ont pas de proche à enlacer ou à qui se confier ? "Nous essayons d’accompagner les personnes aussi longtemps qu’il le faut, en attendant de pouvoir se retrouver", affirme le Père Thierry Magnin, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des Évêques de France. Celle-ci a mis en place un numéro vert d’écoute nationale, à destination des personnes isolées. Une équipe d’écoutants (prêtres, diacres, religieux et laïcs) est joignable au 0 806 700 722, du lundi au dimanche de 8h à 22h pour la durée du confinement.

 

 

Florence Bardon, présidente de l'association Info Funéraire Dijon, a elle aussi dans l’idée de venir en aide aux personnes isolées. Via Facebook, elle met à la disposition des familles endeuillées des groupes de parole, où l’on discute et trouve du réconfort. "Des psychologues et des sophrologues y interviennent aussi bénévolement", précise-t-elle. Autre solution, celle de Damien Boyer, fondateur de "Mieux traverser le deuil", une plateforme qui mobilise 800 personnes prêtent à écouter les endeuillés. "Quand on est seul face au deuil, retrouver de la chaleur humaine, ça fait du bien", observe-t-il au micro d’Europe 1.  

 

Partager ses souvenirs

D'autres initiatives visent aussi à faire vivre la mémoire des personnes disparues, en permettant à tous les proches de partager leurs souvenirs, même lorsqu’ils sont confinés à des kilomètres les uns des autres. Pauline Ronez, a fondé Une Rose Blanche à la suite du décès de l’une de ses amies. "En rendant visite à ses parents, j’ai compris que ce qui les aidait le plus, c’est que l’on continue à parler de leur fille", raconte-elle. Grâce à un livre d’or en ligne, amis et famille du défunt peuvent partager photos, souvenirs et anecdotes, visibles par tous les contributeurs. Une manière de se sentir moins seul dans sa peine et son deuil.

Europe 1
Par Laetitia Drevet