Neige : des bouchons record en Ile-de-France, des transports cloués au sol... Comment expliquer cette pagaille ?
Le quart nord-ouest de la France a été paralysé par d'importantes chutes de neige lundi en fin d'après-midi. Plus de 1.000 kilomètres d'embouteillages ont été constatés en Ile-de-France, un record, tandis que de nombreux moyens de transport ont été perturbés. Le gouvernement pointe du doigt une sous-évaluation de l'événement neigeux par Météo France.
Sur les routes d'Ile-de-France, il a fallu prendre plus que jamais son mal en patience. Plus de 1.000 kilomètres d'embouteillages, un niveau record, se sont formés lundi en fin d'après-midi en raison d'importantes chutes de neige. La région parisienne était placée en vigilance orange par Météo France, mais le gouvernement déplore une sous-évaluation de l'épisode neigeux par l'institut météorologique.
Une intensité de l'événement difficile à prévoir
"L'événement a été plus important que ce qui avait été annoncé", a déclaré le ministre des Transports, Philippe Tabarot, mardi matin. "L'événement a été un peu sous-évalué au niveau de Météo France, qui annonçait trois centimètres de neige et on sait que ça a été huit (centimètres) en petite couronne et, à Paris intra-muros, il a fallu revoir le dispositif", a ajouté le ministre, évoquant par exemple le sablage anticipé des routes et l'abaissement de la vitesse maximale à 80 km/h.
"Les cumuls observés ont été dans les valeurs les plus hautes des prévisions, voire au-dessus dans certaines zones localisées en région parisienne et sur la côte atlantique", affirme Météo France auprès de l'AFP, soulignant "la complexité de prévoir ce type de phénomène". Les prévisionnistes ont relevé la prévision de la quantité de neige attendue dès le début de l'après-midi.
Néanmoins, il est "impossible" de déterminer précisément le nombre de centimètres de neige, rapporte Patrick Marlière, directeur de Média Weather, auprès d'Europe 1. "Il y a plein de phénomènes très localisés, mais les modèles météo (qui servent à décrire l'intensité d'un phénomène) ne nous donnent qu'une interprétation de ce qui va réellement se passer", explique-t-il, soulignant que dans ces modèles, "on est toujours en-dessous de ce qui est réellement prévu".
Les retours aux domiciles "accélérés" en milieu d'après-midi
Le ministre des Transports a expliqué qu'"on a accéléré les retours (aux domiciles), ce qui a accéléré ce que certains ont appelé des bouchons mais qui étaient plus des ralentissements sur l'ensemble du périmètre d'Ile-de-France. Ce que nous ne souhaitions surtout pas, c'est revivre ce qui c'était passé en 2018 et qu'il puisse y avoir des naufragés de la route", a-t-il ajouté.
"Mais, la pointe (de circulation) du soir est arrivée beaucoup plus tôt dans l'après-midi, ce qui a permis de ne pas revivre la situation de 2018", a-t-il appuyé mardi dans l'émission Pascal Praud et vous.
Des bus indisponibles en région parisienne
Par ailleurs, d'autres moyens de transport ont été perturbés en ce jour de rentrée de janvier. L'exploitation du réseau de bus de la RATP a notamment été interrompue, y compris la nuit. "Les cars et les bus sur le périmètre d'Ile-de-France Mobilités n'ont plus circulé puisque, de 1 à 3 cm, ils le peuvent, mais à 8 cm, c'est mettre en péril la vie des personnes qui sont dedans", a précisé le ministre sur Europe 1.
Les lignes de RER et de tramways ont également connu de fortes perturbations par endroit, au contraire du métro. La SNCF a elle abaissé la vitesse maximum des TGV à 200 km/h, au lieu de 300. Du côté de l'avion, les compagnies aériennes ont reçu la consigne de réduire de 15% le nombre de leurs vols dans les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly. Des mesures nécessaires pour permettre les opérations de déneigement et de préparation des appareils, a expliqué le ministre des Transports lundi soir.