Coronavirus : le président de la SPA craint d'être "obligé de fermer des refuges"

, modifié à
  • A
  • A
5.500 animaux se trouvent actuellement dans les refuges de la SPA. 3:41
5.500 animaux se trouvent actuellement dans les refuges de la SPA. © AFP
Partagez sur :
Invité de la matinale d'Europe 1, Jean-Charles Fombonne, président de la SPA s'inquiète du nombre d'animaux dans les refuges de l'association qui ne peuvent pas être adoptés pendant le confinement, les capacités des centres arrivant bientôt à saturation. "Il nous reste à peu près 1.000 places vacantes sachant que je redoute que l'épidémie frappe mon personnel", alerte-t-il sur Europe 1. 

Alors que la France est confinée depuis bientôt un mois pour lutter contre le coronavirus, il est un secteur qui est, lui aussi, durement touché par cette mesure : les associations recueillant des animaux abandonnés. En effet, la SPA s'inquiète de voir ses protégés rester dans leurs centres faut de personnes pouvant se rendre sur place pour les adopter. Les 53 refuges qui comptaient 4.300 animaux à la mi-mars, en ont désormais 5.500 pour une capacité totale de 6.500 qui est donc bientôt atteinte. 

"Je redoute que l'épidémie frappe mon personnel"

Jean-Charles Fombonne, président de la SPA tire la sonnette d'alarme. "Il nous reste à peu près 1.000 places vacantes sachant que je redoute que l'épidémie frappe mon personnel et mes bénévoles et que nous soyons obligés de fermer quelques-uns de nos refuges. Et donc de rapatrier nos animaux sur les quelques places vacantes que nous avons conservées", s'inquiète-t-il au micro d'Europe 1. 

De leurs côtés, les fourrières continuent de leur apporter des chiens et chats errants ou abandonnés. Au total, ce sont 45.000 que la SPA recueille chaque année. "La difficulté c'est que le flux est interrompu par le confinement. Nous recueillons ces animaux mais comme on ne peut pas les donner à l'adoption, nous les gardons et bien évidemment nos refuges se remplissent", déplore Jean-Charles Fombonne. 

 

Il s'inquiète d'autant plus de ne plus pouvoir accueillir les animaux récupérés par les fourrières que ces dernières, si elles ne peuvent pas retrouver le propriétaire ou les donner à une association, ont pour obligation de les euthanasier. Bien que refusant cette pratique, la SPA ne peut malheureusement pas accueillir tous les animaux. 

Permettre aux gens d'adopter même pendant le confinement

Pour éviter ce type de situation, la SPA s'est adressée directement au gouvernement pour lui demander une dérogation autorisant les gens à se rendre dans leurs refuges malgré le confinement s'ils souhaitent adopter un animal. Et pour éviter toute contamination, Jean-Charles Fombonne a réfléchi à un dispositif qu'il détaille sur Europe 1 : "Une proposition d'adoption simplifiée où, au lieu de venir dans le refuge choisir l'animal, les postulants à l'adoption feraient leur choix sur internet, communiqueraient leur identité et nous leur donnerions un rendez-vous horodaté pour qu'ils soient seuls à l'entrée du refuge."

"On leur présenterait un animal mis en quarantaine et toiletté pour être certain qu'il ne porte pas physiquement le virus", poursuit le président. "Nous leur ferions remplir le questionnaire que nous faisons systématiquement pour que l'adoption soit un acte responsable. Nous interrogeons la personne sur comment elle vit, qui sont es membres de la famille et si elle a déjà eu un animal. Ensuite, si tout le monde est d'accord et si l'animal semble se plaire avec son futur maître, on lui remet l'animal avec une laisse neuve, un collier neuf préparés à l'écart."

De cette manière, "aucun contact avec les salariés et les bénévoles. Le contact physique se fait seulement avec l'animal et la personne rentre chez elle", détaille-t-il. Un système appliqué par les Belges en Wallonie et une cause chère aux Français puisqu'ils sont plus de centre milles à avoir déjà signé la pétition à ce propos lancée par la SPA, jeudi. 

Si pour le moment, Jean-Charles Fombonne n'a pas eu de réponse du ministère de l'Agriculture, le président de la SPA se veut confiant. "Je pense que dans l'urgence dans laquelle le confinement s'est mis en place, dans un pays où il y a 500 morts par jour, il y avait forcément d'autres priorités. Maintenant que le confinement commence à se mettre en place, j'ai plutôt bon espoir", assure-t-il, ajoutant : " Parce que c'est un appel au bon sens, Je pense que nous allons pouvoir motiver notre gouvernement sur ce point". 

Europe 1
Par Coline Vazquez