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Crise agricole : à Toulouse, Annie Genevard assure «entendre» les agriculteurs

Une trentaine de points de blocage ont été recensés dans le sud-ouest.
Des éleveurs de bovins ont multiplié les actions dans tout le Sud-Ouest, avant la venue à Toulouse de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, dont ils contestent la gestion de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). La ministre a assuré "entendre" leurs revendications.

Une journée décisive pour la ministre de l'Agriculture. Annie Genevard s'est rendue lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) contre laquelle des agriculteurs en colère bloquent des autoroutes et axes de grand passage dans le Sud-Ouest.

Les principales informations : 

  • Les autoroutes A64 et A63 bloquées par les agriculteurs
  • Annie Genevard assure que la situation concernant l'épidémie est "sous contrôle"
  • À Toulouse, la ministre de l'Agriculture assure "entendre" les éleveurs

Annie Genevard assure "entendre" les éleveurs

C'est un "premier infléchissement du protocole" sanitaire pour Annie Genevard. Depuis Toulouse, la ministre de l'Agriculture a évoqué l'élargissement de la zone de vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse dans le sud de la France.

"Les agriculteurs m'ont demandé qu'on puisse élargir le territoire de la vaccination et je les ai entendus. C'est la raison pour laquelle nous avons établi un cordon sanitaire, d'une part, pour vacciner plus largement et puis aussi protéger le reste du territoire national", a déclaré la ministre à BFMTV.

"C'est un premier infléchissement du protocole. Il était attendu par plusieurs organisations syndicales et j'ai souhaité y répondre. C'est la raison pour laquelle nous vaccinerons entre 600.000 et 1 million de bovins dans un délai que j'espère le plus court possible. Je viens de recommander un million de doses de vaccin pour pouvoir faire face" à l'élargissement du périmètre, a-t-elle ajouté.

"Ce qui permettra aux agriculteurs de lever les barrages, ça ne sera pas que la réponse sur la DNC"

Annie Genevard doit assister ce lundi à une opération de vaccination avant d'aller à la rencontre des représentants syndicaux et associatifs du monde agricole. Jérôme Bayle fera partie de la délégation, il a été invité à la dernière minute. 

"Je pense que c'est le premier pas et que nous, on ne quittera pas l'autoroute aujourd'hui. J'espère que la ministre arrivera à amener des solutions rapides à ces éleveurs qui sont totalement dans le doute. Mais il faut qu'elle comprenne que ce qui permettra aux agriculteurs français de lever les barrages, ça ne sera pas que la réponse sur la DNC, je l'en ai prévenue". 

Parmi leurs autres revendications, on retrouve l'abandon total de l'accord sur le Mercosur, la fin des surtaxes sur l'engrais et une simplification des démarches administratives des agriculteurs. 

"Il faut stopper l'abattage massif"

"On a peur que la maladie se répande plus vite que la vaccination", s'inquiétait ce lundi matin sur Europe 1 le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau. Face à cela, la ministre de l'Agriculture se rend à Toulouse dans la journée pour lancer officiellement une vaste campagne de vaccination. En revanche, le comité d'accueil risque d'être explosif. 

À Carbonne, au sud-ouest de la Ville rose, les agriculteurs continuent de bloquer l'autoroute A64, toujours entravée pour les tracteurs des "Ultras de l'A64". Ce blocus dure depuis vendredi soir. 

Sur place, Cédric Baron, éleveur et membre de l'association, affirme être déterminé à occuper le terrain. "On est en place, on n'est pas prêt de partir", assure-t-il au micro d'Europe 1. L'agriculteur réclame notamment que la ministre de l'Agriculture les "invite" à échanger. 

"J'ai peu d'espoir qu'elle nous annonce des trucs que nous attendons. Elle ne va pas réussir à nous satisfaire complètement. Les vaccins arrivent, on va vacciner. Mais il faut stopper l'abattage massif. Il faut mettre bien sûr les troupeaux en quarantaine, essayer de les surveiller au mieux possible, abattre évidemment les animaux malades de suite, mais arrêter l'abattage massif", clame-t-il. 

De son côté, Nans salue le déplacement de la ministre : "Ça fait du bien de voir qu'enfin, elle réagit. Après il faudra voir à quoi ça a abouti. La solution c'était qu'il fallait vacciner quand les élus l'ont demandé, il y a 40 jours. Ils ont demandé à vacciner toute la chaîne des Pyrénées et ça a été refusé par la ministre. Il faut qu'elle prenne conscience que l'erreur, c'est elle qui l'a faite". 

"La discussion est ouverte" 

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a ouvert la porte lundi à une éventuelle suspension de la procédure jusqu'ici en place pour gérer la dermatose nodulaire contagieuse, vivement critiquée par une partie des agriculteurs.

"La discussion est ouverte sur ce point, et je ne veux pas vous donner de réponse catégorique aujourd'hui, parce ce temps de dialogue est indispensable et il faut pouvoir y associer les professionnels", a affirmé la ministre sur France 2, sans préciser si elle évoquait l'abattage systématique des troupeaux affectés.

"La situation est sous contrôle", affirme la ministre de l'Agriculture

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a affirmé lundi sur France 2 que la situation concernant l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, qui touche les élevages bovins du sud de la France, était "sous contrôle", tandis que la colère des agriculteurs monte contre la gestion de la maladie par le gouvernement.

"Bien sûr, il y a de l'angoisse parce que chacun s'imagine que le virus est à la porte de leur bâtiment d'élevage. Mais non, la situation est contrôlée aujourd'hui", a assuré la ministre qui se rendra dans la journée à Toulouse, pour dialoguer avec des éleveurs et lancer une opération de vaccination du bétail.

Du 29 juin au 13 décembre 2025, 111 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été détectés en France, selon le ministère de l'Agriculture.

Une soixantaine de tracteurs bloquent l'A64

La colère paysanne ne faiblit pas. La ministre de l'Agriculture est attendue sur le terrain ce lundi à Toulouse alors que les blocages continuent. Et son ministère recensait une trentaine de blocages dimanche soir. Les manifestants coupent les axes les plus importants ou les plus stratégiques, comme sur l'A64 où Europe 1 s’est rendue.

Concrètement, quel est l'état d'esprit des manifestants ce lundi matin ? Les agriculteurs rassemblés sur cet axe sont déterminés. Certains d'entre eux ont passé leur troisième nuit sur l’A64 malgré le froid mordant et ils comptent bien y rester. Une soixantaine de tracteurs bloquent toujours ce tronçon de l'autoroute au niveau de la commune de Carbonne (Haute-Garonne).

Concernant la dermatose bovine, ce que veulent en priorité les éleveurs, c'est un changement de protocole, que l'abattage de leurs bovins ne soit plus systématique quand un cas de la maladie est détecté. Puis il y a évidemment beaucoup de peur chez les agriculteurs qui craignent que la dermatose touche leur cheptel. D’autant qu’une nouvelle suspicion de cas a été détectée à une vingtaine de kilomètres d'ici.

"Le gouvernement français ne veut plus d'agriculteurs en France"

Au total, trente points de blocage ont été recensés un peu partout dans le sud-ouest. Sur l'A63, toute la filière agricole est plus que jamais mobilisée ce lundi matin. Sur l'autoroute 63, en direction de Bordeaux à hauteur de l'échangeur de Cestas-Pierroton, les tracteurs, remorques et braseros sont installés au milieu de la chaussée. 

Tous les véhicules venant du sud en direction de l'agglomération bordelaise sont déviés et les agriculteurs de la Coordination rurale sont bien déterminés à poursuivre ce blocage entamé dimanche soir. Fabrice, présent sur ce barrage, est à la tête d'un élevage de 150 bovins dans le Médoc.

"L'abattage total des troupeaux pour une bête contaminée, ce n'est pas possible. La revendication principale c'est la dermatose et nous on revendique aussi pour la viticulture puisqu'il y a la crise viticole sur le secteur bordelais. On a contrôlé hier soir [dimanche] des camions qui passaient sur les axes secondaires et on en a vus avec du vin portugais qui rentrent en France. Le gouvernement français ne veut plus d'agriculteurs en France", dénonce-t-il. 

Les manifestants de la Coordination rurale s'organisent actuellement pour étendre leurs actions et bloquer des ronds-points sur des axes secondaires aux alentours.