Déprogrammation des chirurgies : "Dans cinq ans, on verra les résultats des retards"

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Une plateforme a été ouverte pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer du sein. 1:43
Une plateforme a été ouverte pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer du sein. © AFP
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Partout en France, les hôpitaux font face à une nouvelle vague de malades du Covid-19. Au point de devoir déprogrammer certaines chirurgies. "Dans cinq ans, on verra les résultats de ces retards", avertit Céline Lis-Raoux, fondatrice de l'association Rose qui aident des femmes touchées par le cancer du sein, lundi sur Europe 1.
INTERVIEW

Face à la nouvelle vague de Covid-19, les hôpitaux se remplissent partout en France. De plus en plus, ces établissements se consacrent principalement aux patients Covid-19 au détriment des autres. Opérations déprogrammées, cancers non dépistés, traitements arrêtés... La liste des arbitrages qui peuvent réduire les chances de survie des autres patients s'allonge. "Les ARS (Agences régionales de santé), depuis vendredi dernier, commencent à donner aux hôpitaux les ordres de déprogrammer les chirurgies. Dans cinq ans, on verra les résultats de ces retards", avertit Céline Lis-Raoux, fondatrice de l'association Rose, lundi sur Europe 1.

Une plateforme ouverte pour aider les femmes touchées par le cancer du sein

Conséquence : sa structure, qui aide les femmes touchées par le cancer du sein, a ouvert une plateforme pour aider ces patientes à donner l'alerte. "On a eu une cinquantaine de déclarations ce week-end pour des opérations qui étaient prévues lundi", raconte la responsable associative. "On a téléphoné aux femmes vendredi pour leur annuler des opérations de chirurgie du cancer lundi, donc deux jours avant. Vous imaginez la violence de la chose ?"

"Six mois de retard sur une chirurgie"

Céline Lis-Raoux décrit le profil de ces patientes qui doivent subir des chirurgies lourdes. "Là, on parle de femmes qui se font enlever un sein. Ce sont des femmes qui ont des cancers liés au BRCA, ce gène qui vous prédispose au cancer du sein", précise-t-elle. "Parmi ces femmes, il y en a une qui a déjà eu sa première ablation annulée pendant le premier confinement. Elle a été reprogrammée et elle vient d'être à nouveau annulée. Ça fait six mois de retard sur une chirurgie !"

Pour essayer d'améliorer la situation Céline Lis-Raoux réclame que "la chirurgie de cancérologie" soit "considérée systématiquement comme une chirurgie urgente".

Europe 1
Par Stéphane Place, édité par Jonathan Grelier