Covid-19 : face au risque de troisième vague, faut-il des reconfinements locaux ?

, modifié à
  • A
  • A
Confinement restrictions reconfinement 1:14
Les maires du Grand Est demande au gouvernement d'agir pour freiner la circulation du virus. Photo d'illustration. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Partagez sur :
La situation sanitaire s'est nettement dégradée ces dernières semaines dans la région Grand Est, au point que des élus locaux appellent le gouvernement à un reconfinement rapide, solution qu'exclut pour l'instant Olivier Véran. Au micro d'Europe 1, le maire de Nancy, Mathieu Klein exige des mesures prises dès lundi prochain dans sa ville.

Faut-il, déjà, reconfiner les communes françaises les plus touchées par le rebond de l'épidémie de coronavirus ? Certains élus de la Région Grand Est en appellent aujourd'hui au gouvernement et aux autorités sanitaires : la troisième vague de Covid-19 n'a pas attendu 2021 dans ces territoires et il faudrait très vite procéder à un reconfinement, dès la fin décembre, sans attendre le retour tant redouté des vacances. À Nancy, en Meurthe-et-Moselle, la circulation du virus est par exemple aussi importante qu'à la mi-octobre.

Dans cette ville du Grand Est, le maire socialiste, Mathieu Klein, ne voit pas d'autres solutions que le reconfinement rapide pour éviter un engorgement des hôpitaux de la région dans les semaines à venir : "Tout le monde en a marre, moi le premier ! Mais le sujet n'est pas de savoir aujourd'hui si nous en avons assez ou pas, le sujet est de savoir à quel moment nous voulons vraiment mettre un terme à cette crise", défend-il au micro d'Europe 1. "Nous savons malheureusement que quand le virus circule aussi vite, il n'y a guère d'autres solutions que celle de renforcer les restrictions."

Le plan blanc réactivé à Nancy

Dans cette région, la situation sanitaire s'est nettement détériorée depuis le début du mois de décembre : "En fin de semaine dernière, l'hôpital de Nancy a dû réactiver le plan blanc. Aujourd'hui, plus de la moitié des interventions non-urgentes, en médecine ou en chirurgie, ont été déprogrammés au CHRU."

Mais faut-il procéder à un reconfinement national, alors que des territoires semblent épargnés par une recrudescence de cas, d'hospitalisations, de réanimations et de morts ? "J'entends bien que la situation n'est pas la même sur tout le territoire mais dans ma ville et ma métropole, les indicateurs sont au rouge. Il faut sans doute que le gouvernement se décide à des mesures de confinement", appelle donc le maire, "et qu'il le fasse vite, à partir de lundi prochain, le 28 décembre".

Véran exclut un reconfinement immédiat

Pour l'heure, le gouvernement se refuse à évoquer un reconfinement dans l'immédiat. "Toutes les solutions sont toujours dans les tuyaux, mais elles sont fonction non pas de l'appel d'un maire ou d'un autre", a évacué Olivier Véran, mardi soir, sur TF1. "Ces décisions sont fonction de la situation sanitaire."

D'après le ministre de la Santé, il y a certes "trop de cas au quotidien (plus de 10.000), alors que nous voulions tomber en dessous des 5.000 cas pour reprendre le contrôle sur les chaînes de contamination". Pourtant, "nous ne sommes pas en flambée épidémique comme certains de nos voisins qui ont dû reconfiner en catastrophe", a comparé le ministre, qui a tenu à rappeler l'importance des gestes barrières à adopter pendant les fêtes de fin d'année, pour ne pas assister à une dégradation nationale des indicateurs en janvier.