Coronavirus "persistant" : "Il y a probablement une part psychosomatique", estime un infectiologue

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Invité d'Europe 1 ce samedi, l'infectiologue Benjamin Davido est revenu sur les cas de patients du Covid-19 qui en ressentent encore les effets secondaires longtemps après l'infection. Il estime qu'il y a "probablement une part psychosomatique" dans ce phénomène.Coronavirus "persistant" : "Il y a probablement une part psychosomatique", estime un infectiologue
INTERVIEW

Cela concernerait 5 à 10% des Français touchés par le coronavirus. Une vingtaine de jours après les premiers symptômes du Covid-19, certains patients les ressentent encore les effets secondaires du virus, comme une perte d'odorat, ou une grande fatigue. Un phénomène difficile à expliquer, mais pour lequel "il y a probablement une part psychosomatique", estime ce samedi au micro du "Grand journal du soir" d'Europe 1 Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine.

Une "réaction retardée" de l'organisme

"A priori, cela concerne des gens contaminés au tout début du confinement, essentiellement des femmes qui ont la quarantaine, et qui n'ont pas pu consulter à l'époque. Parce qu'il faut rappeler qu'on était très occupé par la vague épidémique", indique Benjamin Davido. Si ces patientes devraient être complètement rétablies, l'organisme continue pourtant de se battre, dans ce qui est "probablement une réaction retardée."

Précisant toutefois qu'il n'y a plus de "contagiosité", il appelle à "travailler à mieux comprendre comment est-ce que ça marche, afin de proposer des traitements". Mais il prévient, "ce sera du cas par cas" ciblé sur les symptômes en eux-mêmes, et non sur le coronavirus, puisque la médecine n'a pas encore de remède contre ce virus. Au milieu de cette situation encore floue, une seule chose est finalement certaine selon l'infectiologue : le "Covid chronique n'existe pas".

Une situation similaire vécue en 2006, avec l'épidémie de chikungunya

Si ce spécialiste est en mesure d'affirmer une telle chose, c'est que ce n'est pas la première fois qu'il observe des effets secondaires persistants longtemps après une infection. Ces patients lui en rappelle même d'autres, infectés par l'épidémie du chikungunya sur l'île de la Réunion en 2006. "Trois mois après, certains se plaignaient encore de syndromes chroniques. On retrouve ici une situation similaire." C'est pour cela qu'il préconise d'"attendre la date fatidique des 90 jours, au moment où se déclenchent les maladies chroniques" avant de réellement s'inquiéter. Ce n'est qu'après cette période "qu'il faudra faire un bilan pour voir si l'organisme ne s'est pas déréglé de façon pérenne, et adapter les traitements en conséquence."

Europe 1
Par Ugo Pascolo