TÉMOIGNAGES - "Fiers" de leurs parents, des enfants de soignants se confient à Europe 1

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école 2:00
Quand les deux parents sont soignants, les enfants n'ont pas d'autre choix que de continuer d'aller à l'école. © PATRICK HERTZOG / AFP
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Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les soignants sont en première ligne. Qu'en est-il de leurs familles ? Deux enfants de soignants racontent sur Europe 1 leur vie confinée entre l'école et la maison.
TÉMOIGNAGE

Leur cour d’école leur semble un peu vide ces temps-ci. Comme tous les enfants qui ont deux parents soignants mobilisés dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, Quentin, 10 ans, et Tristan, 8 ans, continuent d’aller à l’école. En temps normal, l’établissement accueille jusqu’à 200 enfants; mais depuis le début du confinement mi-mars, ils ne sont plus que quinze.

"C’est pas comme d’habitude, quand je suis dans la classe et dans la cour je me sens un peu seul…", confie Tristan, un peu triste, au micro d'Europe 1. "Mais je sais que si nos parents nous gardent à la maison, ils ne pourront plus aller à l’hôpital et soigner les gens", poursuit-il.

"Je suis fier de mes parents"

Les deux enfants constatent que leurs parents sont épuisés quand ils rentrent. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, le manque de place dans les salles de réanimation, la pénurie d’équipements de protection et d'effectifs, comme la brutalité de la maladie, mettent les hôpitaux sous tension. A cela s'ajoute la colère d’avoir si longtemps alerté, en vain, du manque de moyens et de n’avoir jamais été entendus.

"Ils nous disent qu’ils sont fatigués, qu’ils sont débordés dans leur service et qu’ils ont besoin d’aide", rapporte Quentin. "Ils s’énervent plus vite, ils se couchent tôt et ils regardent des films pour penser à autre chose." 

"Dès qu’ils rentrent, je n’ai pas le temps de leur faire un câlin, ils vont directement prendre leur douche, pour ne pas nous transmettre le coronavirus qu’ils peuvent attraper à l’hôpital", raconte encore Tristan.

Pour leur communiquer leur soutien, les deux jeunes garçons ouvrent tous les soirs la fenêtre et applaudissent. "On applaudit nos parents et on remercie les autres", explique Quentin. "Ça me fait plaisir, je suis fier de mes parents."