Coronavirus : des pilotes transportent gratuitement des soignants

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(photo d'illustration)
(photo d'illustration) © AFP
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Pour aider le personnel hospitalier, l'association Aviation sans frontières organise des transferts gratuits d'hôpital à hôpital par les airs. Un gain de temps considérable pour les soignants qui peuvent relier Grenoble à Ajaccio, ou Marseille à Mulhouse, en à peine une heure. L'association assure voir arriver des demandes de transports d'équipes médicales.

Tous les avions ne sont pas cloués au sol pendant le confinement. Les vols privés, eux, continuent, et certains pour la bonne cause. Depuis mardi, l'association Aviation sans frontières organise des transferts gratuits pour les personnels soignants, qui luttent en première ligne face au Covid-19. Pouvant desservir jusqu'à 500 aérodromes en France, c'est presque d'hôpital à hôpital qu'ils peuvent se déplacer d'un bout à l'autre du pays en un minimum de temps pour répondre à l'urgence. 

Une plateforme pour compagnies aériennes et hôpitaux

Et puisque le trafic aérien est quasi nul, il y a moins d'embouteillages dans les airs. L'un des premiers transferts réalisé mardi a relié Grenoble à Ajaccio en une heure et cinq minutes. "C'est des autoroutes, on peut gagner jusqu'à quinze minutes, c'est énorme", souligne au micro d'Europe 1 le commandant du Pilatus PC-12, un avion d'affaire de huit places de la compagnie d'affaires Jetfly, qui comptait à son bord un professeur de médecine venu épauler les soignants sur l'Île de Beauté. 

 

"On voit arriver des demandes"

Ce jour-là trois autres vols ont été opérés en France, sous l'initiative d'Aviation sans frontières. Via une plateforme, les compagnies aériennes privées peuvent offrir des heures de vols et les hôpitaux se les répartissent en fonction de leurs besoins. "On a écrit à toutes les Agences régionales de santé pour faire savoir qu'on était en capacité et du coup on voit arriver des demandes de transports d'équipes médicales", explique Tanguy, un des administrateurs de l'association.

 

Ces transports directs et donc plus rapides, seraient inenvisageables en temps normal puisqu'une heure de vol coûte 2.000 euros. Quant aux pilotes, l'inquiétude est faible. "On se protège avec des masques et des gants, les cabines sont de toute façon désinfectées après chaque vol", raconte celui qui a effectué le trajet Grenoble-Ajaccio. Vendredi, trois nouveaux transferts sont programmés pour acheminer cinq soignants vers Nice et l'Île-de-France, l'une des régions les plus touchées par la pandémie. 

Europe 1
Par Charles Guyard, édité par Ariel Guez