Coronavirus et confinement : les forces de l'ordre passent en phase répressive

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Selon l'arrêté publié au Journal officiel, l'amende en cas de violation des mesures de confinement ne s'élève d'ailleurs plus à 38 euros, mais à 135 euros. © Guillaume SOUVANT / AFP
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Au lendemain d'une première journée de confinement quasi-total au cours de laquelle les contrôles de police avaient davantage une visée pédagogique, toute personne sortant sans justification de son domicile s'expose depuis mercredi à une amende systématique dont le montant a été fixé à 135 euros.
INTERVIEW

Les Français sont confinés depuis mardi midi. Au deuxième jour du confinement total décidé pour freiner la propagation du coronavirus, et après une première journée "test", le dispositif de sanctions en cas de non respect des mesures se durcit. Exit la simple pédagogie. Si mardi la verbalisation n'était pas systématique, l'interdiction de déplacement n'ayant pris effet qu'en milieu de journée, la police passe mercredi à la phase répressive. Selon l'arrêté publié mercredi matin au Journal officiel, l'amende en cas de violation des mesures de confinement ne s'élève d'ailleurs plus à 38 euros, mais à 135 euros. Pour rappel, toute sortie nécessite désormais une attestation, et doit respecter des critères bien précis.

"Il est logique d'être ferme", exprime Michel Lavaud, chef de la communication de la Police nationale, contacté par Europe 1, évoquant la légitimité des mesures prises pour contenir la propagation du virus. "Pour les personnes de mauvaise foi, tout le monde peut savoir que la contravention est désormais de 135 euros : sortir sans justification de son domicile coûtera désormais 135 euros et ce peut être plus dans certaines conditions, ce qu'on appelle un amende forfaire majorée", ajoute-t-il, appelant les citoyens au civisme.

La veille, quelques contraventions avaient déjà été prononcées à l'égard de personnes au comportement récalcitrant. Dans le Finistère, par exemple, des dizaines de personnes en balade sur la plage ou en sortie en mer ont été sanctionnées pour n'avoir pas respecté les consignes de confinement. "Ces comportements mettent en danger tout le monde", a alors réagi le préfet. "Ceux qui s'exposent, leur entourage et plus largement le reste de la population."

Phase longue d'examen de la situation

"La situation est radicalement nouvelle", explique Michel Lavaud, chef de la communication de la Police nationale. En cas de contrôle, "il y a une phase longue d'examen de la situation et le fait qu'elle soit longue est souhaitable parce qu'il faut agir avec discernement et avec l'attention que la situation nécessite." "Il faut être clair quand on est sur la voie publique, il faut être bien compris et l'autorité doit s'imposer pour inviter la population qui n'a pas encore compris à respecter cette règle indispensable du confinement", ajoute-t-il, en réaction à des vidéos montrant des policiers munis de mégaphones dans le quartier de la Goutte d'Or, à Paris. "Être ferme est normal et parler à voix haute est tout à fait souhaité pour les policiers", poursuit-il.

"J'ai aussi un message pour rassurer", ajoute Michel Lavaud. "La police nationale répond présent comme à chaque fois en temps de crise", abonde le chef de la communication. "Nous adaptons nos missions pour faire face à la situation ; nous répondons 24h/24, 7 jours sur 7 à la population ; quand la population compose le 17, un policier lui répondra toujours ; et dans les commissariats, il y aura toujours un policier pour prendre votre plainte."

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Pauline Rouquette