"Difficile" ou "pas suffisant", le confinement dans les Alpes-Maritimes laisse un goût amer

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Les habitants de Nice sont résignés après l'annonce d'un confinement régional. Image d'illustration. 3:01
Les habitants de Nice sont résignés après l'annonce d'un confinement régional. Image d'illustration. © AFP
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Le préfet des Alpes-Maritimes a finalement annoncé ce lundi un confinement de la zone littorale du département au cours des deux prochains week-ends. L'ensemble de mesures prises pour endiguer la vague de contaminations au coronavirus suscite des réactions mitigées dans les villes concernées.
REPORTAGE

Les habitants des Alpes-Maritimes sont-ils favorables au confinement décrété par le préfet pour les deux week-ends à venir ? Les annonces étaient attendues et la population s'était préparée à cette éventualité mais la perspective d'être reconfiné est loin d'enchanter les Maralpins. S'ils n'y sont pas frontalement opposés, ils sont surtout lassés par la situation et se posent des questions sur la stratégie employée. La plupart des habitants de Nice et de Cannes en ont conscience, "les chiffres sont mauvais donc il faut agir", comme le reconnait une riveraine.

"Si c'est pour le bien de la population, il faut le faire"

Mais même si un reconfinement se justifie pour lutter contre le coronavirus, beaucoup expriment de la frustration. "C'est difficile pour les personnes qui ont une activité toute la semaine et qui le week-end vont se retrouver enfermés. C'est long", estime ainsi une Maralpine.

"Je comptais sortir avec mes amis, faire des soirées... Avec le confinement, c'est compliqué de profiter. Mais si c'est pour le bien de la population, il faut le faire. On n'a pas le choix", admet un jeune homme. Car les règles sont claires : dès vendredi minuit, il sera possible de faire ses courses alimentaires, de sortir son animal de compagnie ou encore de faire du sport dans une limite d'une heure et de cinq kilomètres autour de son domicile. Mais autrement il faudra rester chez soi et le couvre-feu de 18 heures restera en vigueur. 

"Cela ne sert à rien de faire les choses à moitié"

Michelle vend des robes et des costumes de mariage sur l'un des grands boulevards de Cannes. Samedi, son rideau restera baissé malgré la rentabilité de ces journées. Si elle comprend la décision, la commerçante s'interroge néanmoins. "Aujourd'hui, malgré les restrictions et toutes les interdictions, on reste encore sur un virus hyper-virulent et hyper-présent. Donc est-ce que la méthode est la bonne pour l'enrayer ? Il n'y a plus de mariages, plus de cérémonies, plus de restaurants, plus de boites de nuit. Pourquoi on est toujours aussi malades ?"

Mêmes interrogations pour une autre habitante de la région qui prône des mesures plus strictes. Elle estime que ce confinement, les week-ends, n'est "pas suffisant". "Il faudrait confiner totalement, comme ça au moins on est débarrassé. Cela ne sert à rien de faire les choses à moitié." Certains élus s'interrogent également, mais tous sont d'accord sur un point, il est essentiel de vacciner plus massivement. À cet effet, le préfet a annoncé aujourd'hui la livraison de 4.500 doses de vaccin supplémentaires.

Europe 1
Par Frédéric Michel, édité par Guilhem Dedoyard