L'interminable bataille des soignants face au Covid : "On n'arrive jamais à déconnecter"

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Coronavirus Réanimation Réa Hôpital 1:17
Les soignants sont soumis à une pression d'une folle intensité depuis dix mois. Photo d'illustration. © ALAIN JOCARD / AFP
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Alors que la seconde vague du coronavirus a épuisé les corps et les esprits, les soignants de toute la France s'apprêtent à subir la troisième vague d'une épidémie qui semble ne jamais se terminer. Reportage à l'hôpital de Dreux, en Eure-et-Loir, dans un service de réanimation aussi résigné que résilient.
REPORTAGE

"Qu'est-ce qui nous attend ?" Alors que l'épidémie de Covid-19 continue de circuler très activement sur l'ensemble du pays, avec la menace des différents variants du virus, les soignants s'interrogent sur l'ampleur de la troisième vague qui pourrait submerger leurs services. "Ils tiennent et sont le roc le plus solide que nous ayons dans notre pays", a salué Olivier Véran depuis la Seine-Saint-Denis, vendredi. Au service de réanimation de l'hôpital de Dreux, on redoute en tout cas la saturation dans les semaines à venir.

Fatigue physique et morale

Ici, la seconde vague a laissé des marques sur l'ensemble du personnel soignant. "La fatigue, elle est là pour tout le monde", souffle Séverine, infirmière en réanimation. "C’est quand même plus de travail que ce qu’on connaissait."

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Sa collègue Julie a elle aussi été contaminée par le coronavirus et s'inquiète d'un nouveau pic des arrivées : "Repartir toute la journée avec les masques FFP2, à s’occuper des patients qui sont lourds… Ça va être fatiguant", anticipe-t-elle.

"On tient le coup"

La fatigue est aussi psychologique, face à l'arrivée massive de patients à réanimer. "C’est vrai qu’on n’arrive jamais à déconnecter", souligne Magali, aide-soignante. "Qu’on soit à l’extérieur, ou au travail, on entend parler du Covid, du Covid…" 

Toutes se disent pourtant prêtes à affronter cette fameuse troisième vague tant redoutée. "On tient le coup", assure Claude, venue en renfort cette année. "Variant plus dangereux ou pas, il faut bien qu’on s’occupe des patients." Quitte, une nouvelle fois, à faire une croix sur leurs jours de congés.