Le coronavirus est-il responsable de la forte hausse des décès à domicile en mars ?

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Le nombre de décès à domicile toutes causes confondues a bondi au mois de mars. 1:24
Le nombre de décès à domicile toutes causes confondues a bondi au mois de mars. © SEBASTIEN BOZON / AFP
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Selon une étude de l'Insee, les décès à domicile toutes causes confondues ont bondi au mois de mars avec notamment + 97% dans le Haut-Rhin. Une hausse qui, selon certains professionnels de santé, pourrait être attribuée au coronavirus. "Aucune personne à domicile n'est testée pour l'instant", pointe Gislaine Sicre, présidente du syndicat convergence infirmière. 

Plus de 13.000 personnes sont officiellement mortes du coronavirus en France mais ce bilan est-il représentatif de la vérité ? C'est la question qui se pose à l'issue du constat suivant : les décès à domicile toutes causes confondues ont bondi au mois de mars. + 75% par exemple dans les Hauts-de-Seine par rapport aux mois dernier et + 97% dans le Haut-Rhin.

"Elle rentrait bien dans tous ces critères"

Mais est-ce dû au Covid-19 ? Difficile de répondre à cette question selon Gislaine Sicre, présidente du syndicat convergence infirmière puisqu'"aucune personne à domicile n'est testée pour l'instant". Donc aucune n'est officiellement recensée comme étant morte du coronavirus.

"On a une personne qui est décédée et moi je reste persuadée qu'elle avait le Covid. Elle présentait des symptômes et c'était une dame fragile, très âgée, avec des problèmes respiratoires. Elle rentrait bien dans tous ces critères", affirme Ghislaine Sicre.

Pas de tests post-mortem

Serge Smadja, secrétaire général de SOS médecins, dresse le même constat. "Dans notre réseau on constate plus de décès à domicile. On peut de manière raisonnable estimer que cette surmortalité à domicile est probablement liée, pas à 100% évidemment mais une bonne partie, au Covid", estime-t-il.  Une proportion qui sera difficile à évaluer puisque le haut conseil à la santé publique ne recommande pas les tests post-mortem. 

Europe 1
Par Nicolas Feldmann édité par Coline Vazquez