Hydroxychloroquine : fin de non-recevoir de l'Agence du médicament au Pr Raoult

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L'hydroxychloroquine est défendue avec force par Didier Raoult.
L'hydroxychloroquine est défendue avec force par Didier Raoult. © AFP
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L'Agence du médicament (ANSM) a refusé au Pr Didier Raoult une utilisation plus étendue de l'hydroxychloroquine. L'institution explique ne pas avoir de "données possibles" qui permettraient de conclure à "un bénéfice" de cette molécule dans le traitement du coronavirus. 

Pas question d'autoriser largement l'hydroxychloroquine en France contre le Covid-19 : l'Agence du médicament (ANSM) a refusé au Pr Didier Raoult une utilisation plus étendue de cette molécule, qui n'a toujours pas fait la preuve de son efficacité. "Nous ne pouvons pas répondre favorablement à la demande de RTU (recommandation temporaire d'utilisation, NDLR) de l'hydroxychloroquine dans la prise en charge de la maladie Covid-19", indique l'ANSM dans un point d'information mis en ligne sur son site internet vendredi.

"A ce jour, les données disponibles, très hétérogènes et inégales, ne permettent pas de présager d'un bénéfice de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, pour le traitement ou la prévention de la maladie Covid-19", tranche-t-elle. 

Didier Raoult dénonce un "deux poids deux mesures" 

L'hydroxychloroquine est commercialisée en France par le laboratoire Sanofi sous le nom de Plaquenil, mais pour d'autres maladies comme des rhumatismes ou certains lupus. La prescription par un médecin d'un médicament hors des indications prévues par l'autorisation de mise sur le marché (AMM) doit se faire "au cas par cas", en informant le patient des risques encourus et du non remboursement, et la mention "hors AMM" doit figurer sur l'ordonnance.

La recommandation temporaire d'utilisation (RTU), qui donne accès au remboursement, vise une prescription hors AMM massive, au-delà de la prescription au cas par cas. D'où la demande l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, dirigé par Didier Raoult, qui a de très nombreux patients. Un "deux poids deux mesures", a réagi Didier Raoult sur Twitter après ce refus, accusant l'ANSM de favoriser l'antiviral remdesivir (Gilead) au détriment de l'hydroxychloroquine. L'agence sanitaire précise que "cette position pourra être révisée", si on lui apportait de nouvelles études cliniques probantes.