Coronavirus : l'extension du couvre-feu entre en vigueur

, modifié à
  • A
  • A
Le couvre-feu entre en vigueur vendredi soir dans une grande partie de la France.
Le couvre-feu entre en vigueur vendredi soir dans une grande partie de la France. © Miguel MEDINA / AFP
Partagez sur :
Le couvre-feu s'applique à partir de samedi à 54 départements, soit 46 millions de Français concernés par cette mesure destinée à mettre un coup d'arrêt à une reprise épidémique qui semble hors de tout contrôle. La France a franchi vendredi la barre du million de cas depuis le début de l'épidémie. 
L'ESSENTIEL

La deuxième vague de Covid-19 continue de prendre de l'ampleur. La France a franchi vendredi la barre du million de cas de Covid-19 depuis le début de l'épidémie, avec plus de 42.000 nouveaux cas en 24 heures. Signe que la reprise épidémique ne faiblit pas près d’une semaine après l’entrée en vigueur d’un couvre-feu, qui sera étendu dans la nuit de vendredi à samedi à 38 nouveaux départements.

L'Irlande et le Pays de Galles sont de nouveau confinés, tandis que l’Allemagne connait une vague sans précédent de nouvelles contaminations. La situation est "grave" en Europe, nouvel épicentre de la pandémie de Covid-19, préviennent les gouvernements. 

Les informations à retenir :

  • À partir de samedi, le couvre-feu sera étendu en France à 38 nouveaux départements, soit deux-tiers des Français concernés par cette mesure
  • La France a dépassé le million de cas depuis le début de l'épidémie, dont 42.000 nouveaux en 24h
  • L'hypothèse d'un reconfinement n'est plus écarté par l'exécutif 
  • L'Europe est en passe de devenir le nouvel épicentre de la pandémie de Covid-19

Plus d'un million de cas depuis le début de l'épidémie, dont 42.000 nouveaux en 24h

La France a passé vendredi la barre du million de cas de Covid-19 depuis le début de l'épidémie, et la situation continue de se dégrader selon Santé publique France. Au total 42.032 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés vendredi, un nouveau record depuis la généralisation des tests à grande échelle, pour atteindre au total 1.041.075, selon les chiffres publiés par l'agence.

Le bilan des morts s'est également alourdi, avec 298 nouveaux décès enregistrés en 24 heures, pour un bilan global d'au moins 34.508 morts depuis le début de l'épidémie. Le taux de positivité des tests ne cesse de grimper, à 15,1% contre 14,3% la veille, et seulement 4,5% début septembre. 

2.091 nouveaux malades ont été hospitalisés (pour un total de 15.008), et 299 nouveaux cas graves (+37) admis en réanimation, portant à 2.441 le nombres de malades gravement atteints en réa, 122 de plus en 24 heures. 

46 millions de Français bientôt soumis au couvre-feu

Les deux-tiers des Français seront bientôt soumis à un couvre-feu. Jeudi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé l'extension de cette mesure à 38 nouveaux départements et à la Polynésie pour faire face à une circulation du virus "extrêmement élevée".

Au total, 54 départements et 46 millions d'habitants seront soumis à un couvre-feu nocturne qui, pour les nouveaux territoires, entrera en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi, à minuit, a précisé Jean Castex lors d'une conférence de presse au ton empreint d'anxiété. Il "s'appliquera de 21 heures à 6 heures sur l'ensemble du territoire des départements concernés et, normalement, pour une durée de six semaines", a poursuivi le Premier ministre, en décrivant des règles qui "seront les mêmes que pour les métropoles déjà placées en couvre-feu depuis samedi dernier", en l'espèce l'Île-de-France, Lille, Lyon, Marseille, Rouen, Grenoble, Saint-Etienne, Montpellier et Toulouse.

La liste des 54 départements sous couvre-feu

Les 38 départements supplémentaires (+ un territoire d'Outre-mer) : Ain, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron, Bas-Rhin, Calvados, Corse du Sud, Côte d’Or, Drôme, Gard, Haute-Corse, Haute-Loire, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Hautes-Alpes, Hautes-Pyrénées, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Jura, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe-et-Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Saône-et-Loire, Savoie, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse, Polynésie.

Les 16 départements où le couvre-feu est étendu : Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Yvelines, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Isère, Nord, Rhône, Seine-Maritime, Bouches-du-Rhône, Hérault, Loire, Haute-Garonne.

L'hypothèse d'un reconfinement n'est pas écartée 

Dans ce contexte, le chef du gouvernement a averti plus tôt que si l'épidémie n'était pas jugulée, le gouvernement devrait "envisager des mesures beaucoup plus dures". "Il est encore temps de l'éviter, mais il ne nous reste plus beaucoup de temps", a-t-il ajouté. Selon des informations d'Europe 1, l'hypothèse d'un reconfinement n'est plus un sujet tabou dans les cercles de l'exécutif. Une ministre estime même qu'il s'agit de la meilleure mesure pour réduire la pression hospitalière.

Interrogé sur la question lors d'un déplacement à l'hôpital de Pontoise, Emmanuel Macron juge qu'il "est trop tôt aujourd'hui pour dire si on va vers des reconfinements locaux ou plus larges".

Des services de réanimation déjà saturés 

Signe de cette forte tension dans les hôpitaux : des patients souffrant du Covid-19 ont été transférés de Roubaix et Tourcoing, deux villes confrontées à une envolée du nombre de cas, vers d'autres établissements de la région.

Des hôpitaux de Bordeaux, Poitiers et Brive vont également accueillir huit patients d'Auvergne Rhône-Alpes "face à une situation de saturation des capacités de réanimation", a annoncé vendredi l'ARS de Nouvelle Aquitaine. Lors de la première vague de l'épidémie, au printemps dernier, les hôpitaux de Nouvelle Aquitaine avaient déjà reçu des dizaines de patients des régions les plus touchées.

Un couvre-feu à deux milliards d'euros

Les mesures de soutien à l'économie seront étendues à tous les départements concernés. Les aides aux entreprises touchées par le couvre-feu et les nouvelles restrictions coûteront "un peu plus de 2 milliards d'euros" pour six semaines, a indiqué le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, sur Europe 1. Cette somme a déjà été budgétisée via le fonds de solidarité, a-t-il assuré. Il a également anticipé "un chiffre de croissance négatif" pour le quatrième trimestre de l'année, tout en se disant confiant quant à un rebond de l'économie française pour 2021.

Plus de 530.000 utilisateurs en une journée pour TousAntiCovid

Le gouvernement a également présenté jeudi la nouvelle version de l'application de "traçage" du virus, rebaptisée "Tous anti-Covid". Disponible jeudi, elle a été téléchargée par plus de 530.000 nouveaux utilisateurs en une seule journée, une dynamique qui n'avait été plus observée depuis son lancement. Un rebond encourageant pour un outil très décrié pour sa faible pénétration dans la population avec seulement 2,7 millions de téléchargements jusqu'à jeudi. TousAntiCovid compte désormais 3,3 millions d'utilisateurs enregistrés.

La moitié des tests de dépistage rendus dans les 24 heures

Les tests de dépistage virologiques du Covid-19 sont désormais rendus dans les 24 heures une fois sur deux, et en moins de 48 heures neuf fois dix, selon une étude de la Drees publiée vendredi. Par ailleurs, 17,7 millions de tests de dépistage RT-PCR ont été réalisés depuis le début de l'épidémie : 2,3 millions entre le 1er mars et le 6 juin, et 15,4 millions depuis cette date. Entre 100.000 et 300.000 tests sont désormais comptabilisés chaque jour.

L'agence du médicament refuse d'autoriser l'hydroxychloroquine 

L'agence du médicament (ANSM) a opposé jeudi un refus à une demande que lui avait adressée le Pr Didier Raoult d'un cadre temporaire autorisant une utilisation large de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19. "A ce jour, les données disponibles, très hétérogènes et inégales, ne permettent pas de présager d'un bénéfice de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, pour le traitement ou la prévention de la maladie Covid-19", a-t-elle argumenté.

Ce médicament est disponible en France sous le nom de Plaquenil mais pour d'autres pathologies (rhumatismes, certains lupus...). Sa prescription doit se faire "au cas par cas", en informant le patient des bénéfices et risques encourus.

"Grave inquiétude" en Europe, les reconfinements se multiplient...

L’Europe, qui a dépassé vendredi les 8,2 millions de cas et les 258.000 morts, suscite désormais une "grave inquiétude", selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Tous les pays de l'UE à l'exception de la Finlande, Chypre, l'Estonie et la Grèce entrent désormais dans cette catégorie, contre sept il y a un mois.

En Irlande, toute la population est reconfinée pour six semaines, les commerces non essentiels fermés, mais les écoles resteront ouvertes. Dublin, la capitale irlandaise, avait pris jeudi des allures de ville fantôme. Le pays de Galles sera à son tour confiné vendredi pour deux semaines. 

La République tchèque, qui comptabilise de loin le plus grand nombre de nouveaux cas et de décès pour 100.000 habitants sur les deux dernières semaines, instaure jeudi un confinement partiel jusqu'au 3 novembre : restrictions des déplacements et contacts, fermetures de tous les magasins et services non essentiels.

... tout comme les couvre-feux 

Les mesures de couvre-feu se multiplient également sur le Vieux Continent. Au Royaume-Uni (hors pays de Galles), pays le plus endeuillé d'Europe (44.158 morts), des restrictions plus ou moins sévères touchent 28 millions d'Anglais, dont Londres, et les pubs et restaurants sont fermés en Irlande du Nord. 

La Belgique a opté pour le couvre-feu nocturne et la fermeture des cafés et restaurants pour un mois, les autorités parlant d'une situation "bien pire" qu'au printemps. La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès est en soins intensifs.

Dans le nord de l'Italie, la Lombardie, poumon économique et région la plus touchée du pays, impose un couvre-feu nocturne à partir de jeudi pour trois semaines. La Campanie, dans le sud, suivra vendredi.

Les deux principales villes de Grèce, Athènes et Thessalonique, seront elles aussi soumises à un couvre-feu nocturne à partir de samedi. En Slovaquie, où les contaminations repartent également à la hausse, le Premier ministre a annoncé jeudi la mise en place d'un couvre-feu partiel de 1 heures à 5 heures à partir de samedi. En journée, les déplacements seront restreints à certains cas particuliers.

Saluée pour sa bonne gestion de la première vague épidémique au printemps, l'Allemagne (près de 9.900 morts) a de son côté enregistré près de 11.300 nouveaux cas en 24 heures, un record. Les autorités ont édicté des interdictions de rassemblement, un canton alpin du Sud est quasi confiné et le masque obligatoire dans certaines rues de Berlin.        

L’Espagne particulièrement touchée

La situation continue aussi de s'aggraver en Espagne (34.366 morts), devenue le premier pays de l'UE, et le sixième au monde, à dépasser le million de cas de coronavirus. Les autorités espagnoles ont imposé dans l'urgence de nouvelles restrictions, avec le bouclage partiel d'une dizaine de nouvelles villes, dont Saragosse, et de certaines régions.

Le "nombre réel" de personnes infectées par le Covid-19 en Espagne depuis le début de la pandémie "dépasse les trois millions", a affirmé vendredi le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Mais "le nombre réel de personnes infectées dépasse déjà les trois millions de nos compatriotes", a-t-il poursuivi dans une déclaration télévisée,, expliquant cette énorme différence par le fait que la proportion de personnes positives détectées était très faible au début de la pandémie.

Plus de 1,13 million de morts dans le monde

La pandémie a fait au moins 1,13 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi. Plus de 41,3 millions de cas de contamination ont été diagnostiqués, dont près de 28,3 millions sont aujourd'hui considérés comme guéris.

Les États-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 222.965 morts, suivis par le Brésil (155.900 morts), l'Inde (116.616), le Mexique (87.415) et le Royaume-Uni (44.158).

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP