Coronavirus : 74.800 morts, 23.770 nouveaux cas en 24 heures

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Jeudi, la France compte 74.800 morts, soit 348 de plus sur les dernières 24 heures.
Jeudi, la France compte 74.800 morts, soit 348 de plus sur les dernières 24 heures. © AFP
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Jeudi, la France compte 74.800 morts du coronavirus, soit 348 de plus depuis le dernier pointage. Jean Castex a annoncé devant les sénateurs qu'un débat et au vote auraient lieu au Parlement en cas de nouveau confinement. Alors que l'efficacité du couvre-feu à 18h "s'estompe" en France, tandis que les variants du Covid-19 "circulent activement", a indiqué Olivier Véran.
L'ESSENTIEL

Les jours passent et la perspective d'un troisième confinement semble se préciser. Si telle était l'option choisie, alors un débat et un vote auraient lieu au Parlement, a annoncé Jean Vastex aux sénateurs, jeudi. Alors que les indicateurs sanitaires du coronavirus continuent de se dégrader, avec 74.800 morts et 23.770 nouveaux cas en 24h, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué que l'effet du couvre-feu s'estompait, notamment face aux variants qui circulent "activement sur le territoire. La tension monte par ailleurs autour des livraisons de vaccins en Europe, tandis celui produit par AstraZeneca ne doit être recommandé que pour les moins de 65 ans, selon des experts allemands.

Les principales informations à retenir :

  • 74.800 morts en France, 23.770 nouveaux cas en 24 heures
  • Un débat et un vote au Parlement en cas de nouveau confinement, annonce Castex
  • Des concertations se tiennent autour de plusieurs scénarios, dont celui d'un confinement "très serré" 
  • Le vaccin d'AstraZeneca doit être recommandé pour les moins de 65 ans uniquement, selon des experts allemands

74.800 morts en France, 23.770 nouveaux cas

La pression épidémique liée au Covid-19 restait forte jeudi en France, avec près de 24.000 nouvelles contaminations et un niveau élevé d'entrées à l'hôpital et en réanimation, alors que le gouvernement prépare le terrain à des mesures plus strictes. 23.770 cas d'infection par le coronavirus ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, contre 22.848 jeudi dernier, selon Santé publique France. La semaine dernière, un peu plus de 141.000 personnes ont été testées positives, soit une moyenne d'environ 20.100 par jour, contre 128.000 la semaine précédente, soit une moyenne quotidienne de 18.300.

Le taux de positivité des personnes testées est lui stable depuis plusieurs jours, à 7,1%. Avec 348 nouveaux décès recensés à l'hôpital en 24h, la maladie a désormais tué 74.800 personnes, dont 52.562 à l'hôpital et 22.238 en Ehpad ou dans les établissements médico-sociaux, depuis le début de l'épidémie. Les hôpitaux ont enregistré 11.219 nouvelles hospitalisations de malades du Covid-19 sur les sept derniers jours, contre 11.271 mercredi. Parmi eux, 1.800 ont dû être admis dans un service de réanimation, contre 1.789 la veille (total sur sept jours).

Un couvre-feu moins efficace et une circulation "active" des variants…

"S'il n'y avait pas de couvre-feu, nous n'aurions pas un plateau comme nous connaissons aujourd'hui, nous aurions une vague épidémique", comme c'est par exemple le cas en Angleterre, a affirmé jeudi Olivier Véran lors d'un point presse. Toutefois, l'efficacité du couvre-feu à 18 heures "s'estompe", selon le ministre de la Santé. "La pression sanitaire et la tension hospitalière augmentent", a-t-il souligné. 

Le pays est "sur un plateau montant, qui augmente de 10% par semaine", d'après Olivier Véran. Une hausse qui fait craindre aux autorités "une épidémie dans l'épidémie", car "malgré tous nos efforts, les variants circulent activement en France" : environ 500 Français étaient testés positifs chaque jour début janvier, contre "plus de 2.000" quotidiennement aujourd'hui.  Jeudi, la France compte 74.800 morts du coronavirus, dont 348 supplémentaires

… qui font craindre un nouveau confinement "très serré"

Face à ce constat, l'exécutif envisage "différents scénarios" allant du "maintien du cadre actuel jusqu'à un confinement très serré", selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.  Jean Castex mène jeudi et vendredi une série de consultations avec des parlementaires, associations d'élus et partenaires sociaux, pour définir les contours de ces nouvelles restrictions. Une initiative qui ne convainc pas les oppositions, toujours critiques : "la concertation commence après qu'en réalité les décisions aient été prises", a notamment tweeté le numéro un du PS Olivier Faure.

Selon les informations d'Europe 1, Emmanuel Macron devrait trancher samedi, et pourrait opter pour un confinement tout aussi strict qu'au début de l'épidémie. Si tel est le cas, alors un débat et un vote auraient lieu au Parlement, a annoncé Jean Castex aux sénateurs, jeudi après-midi, selon les informations de BFM TV.

Moins de la moitié des Français favorables à un troisième confinement...

Combien de temps la résilience des Français durera-t-elle face à ces confinements à répétition ? Invité de la matinale d'Europe 1, jeudi, le politologue Jérôme Fourquet a communiqué les derniers chiffres des études d'opinion de l'Ifop, selon lesquels seuls 46 à 47% des Français adhèrent désormais à l'idée d'un troisième confinement - ils étaient plus de 90% lors du premier confinement, en mars 2020. 

... mais un "consensus" avec les élus pour des "mesures supplémentaires"

Les réunions jeudi du Premier ministre Jean Castex avec les représentants des groupes politiques parlementaires et des élus territoriaux ont fait émerger "un consensus" pour prendre "des mesures supplémentaires" contre l'épidémie de Covid-19, a rapporté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Les concertations menées à Matignon ont "dégagé un consensus autour de la fragilité de la situation épidémique, et un second consensus qui découle directement du premier, (...) la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour freiner la circulation du virus dans les prochains jours", a-t-il déclaré. 

Les Français de 30 ans vaccinés… en 2024 ? 

Face à ces perspectives inquiétantes, l'espoir réside dans le déploiement de la campagne vaccinale. Mais alors que les difficultés d'approvisionnement poussent certains départements, comme les Hauts-de-France, à reporter les rendez-vous au mois de mars, jusqu'à quand cette campagne durera-t-elle ? Invité de la matinale d'Europe 1, l'ingénieur en informatique Guillaume Rozier​, créateur bénévole du site CovidTracker, a indiqué jeudi que les données dont il dispose faisaient état d'un rythme actuel de vaccination beaucoup trop faible.

Pour accélérer, la France ne peut pas s'appuyer sur sa recherche pharmaceutique nationale : le vaccin Sanofi, qui fait appel à une autre méthode que l'innovant ARN messager, est retardé et ne sortira pas avant le "dernier trimestre" 2021, tandis que Pasteur a annoncé renoncer à celui qu'il développait. Europe 1 vous résume les enjeux du retard tricolore dans le domaine des biotechs dans cet article.

Dans le même temps, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé jeudi un intervalle de trois semaines entre les deux injections du vaccin Pfizer/BioNTech, alors que l'espacement des doses pour les vaccins contre le Covid-19 fait débat. Les informations du produit, qui ont été mises à jour, "recommandent désormais l'administration de la deuxième dose trois semaines après la première", a déclaré l'agence basée à Amsterdam dans un communiqué.

Mais cela n'empêche pas le gouvernement de prévoir un million de vaccinations supplémentaires d'ici à la fin février, soit un total de "2,5 millions", selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Cette prévision de vaccination est très inférieure au chiffre de "4 millions fin février" de personnes vaccinées prévu par le ministre de la Santé Olivier Véran le 21 janvier.

Le vaccin AstraZeneca, à ne recommander qu'au moins de 65 ans ? 

Quant aux autres vaccins, celui développé par Pfizer et BioNTech conserve la grande majorité de son efficacité contre les principales mutations des variants anglais et sud-africain du coronavirus, ont assuré jeudi les sociétés américaine et allemande dans un communiqué. La commission de vaccination allemande a pour sa part indiqué ne recommander le vaccin du laboratoire britannique AstraZeneca que pour les personnes âgées de moins de 65 ans, en raison d'un manque de données pour les plus âgés. 

Le vaccin de Novavax efficace à 89%, selon les essais cliniques

Les essais cliniques du vaccin contre le Covid-19 de Novavax ont montré une efficacité de 89,3%, a affirmé l'entreprise de biotechnologie américaine dans un communiqué jeudi affichant les résultats des essais de phase 3 impliquant plus de 15.000 personnes. "NVX-CoV2373 a le potentiel pour jouer un rôle important dans la résolution de cette crise sanitaire publique mondiale", a affirmé le PDG de l'entreprise Stanley Erck. Mais la nouvelle, positive, a été contrebalancée par l'annonce conjointe que le vaccin est bien moins efficace face au variant identifié en premier en Afrique du Sud, que les scientifiques considèrent comme plus contagieux.

Nouveau record quotidien de décès dans le monde

A l'échelle mondiale, plus de de 18.000 décès des suites du Covid-19 ont été recensés en 24 heures, un nouveau record, selon un comptage réalisé mercredi par l'AFP à partir des bilans communiqués par les autorités sanitaires. Du 20 au 26 janvier, le monde a enregistré 101.366 décès. C'est la semaine la plus meurtrière depuis le début de l'épidémie.

Au total, la pandémie a fait au moins 2,17 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019. Plus de 100,8 millions de cas d'infection ont été diagnostiqués. Les Etats-Unis sont le pays comptant le plus de morts (429.202), suivis du Brésil (220.161), de l'Inde (153.847), du Mexique (153.639) et du Royaume-Uni (101.887).