Covid : "Dépister la moitié de la population" ne permettra pas de "contrôler l’épidémie"

, modifié à
  • A
  • A
Catherine Hill 3:06
Catherine Hill était l'invitée de la matinale d'Europe 1, jeudi matin. © Europe 1
Partagez sur :
Invitée jeudi de la matinale d'Europe 1, l'épidémiologiste Catherine Hill s'est exprimée sur les moyens de mieux contrôler l'épidémie de coronavirus en France, à l'approche des fêtes et avant le début de l'année 2021. Pour la spécialiste, il est plus que jamais nécessaire de procéder à un dépistage massif de la population.
INTERVIEW

Comment mieux lutter contre l'épidémie de coronavirus, entre la deuxième vague et une possible troisième ? Le monde médical est profondément divisé sur la manière d'y parvenir : pour Catherine Hill, la clé réside dans le dépistage massif de la population. Selon l'épidémiologiste, cela ne passe pas par un dépistage à grande échelle, mais cependant partiel, d'une partie de la population. "Dépister la moitié de la population" ne permettra pas de "contrôler l’épidémie", affirme-t-elle au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1, jeudi.

"Ambitions modestes"

Catherine Hill a notamment réagi aux dépistages à grande échelle menés dans plusieurs métropoles françaises, comme au Havre et à Charleville-Mézières. "Malheureusement, ils ont choisi de faire des prélèvements naso-pharyngés qui nécessitent du personnel formé", pointe l'épidémiologiste. "Du coup, leurs ambitions étaient relativement modestes."

L'épidémiologiste prend notamment l'image d'un dératiseur "qui ne s'occuperait que d'un étage sur deux", et qui laisserait donc les souris proliférer. "Même si vous dépistez la moitié de la population, vous n'allez pas contrôler l'épidémie puisque vous allez laisser la moitié des gens positifs continuer à circuler", évacue-t-elle.

"Pas une bonne stratégie"

Plus globalement, l'épidémiologiste critique la stratégie du gouvernement en matière de lutte contre la propagation de la maladie. Le choix d'un test massif de la population, comme cela a été pratiqué en Slovaquie, n'a pas encore été retenu : les autorités ont "décidé que, de toute façon, il fallait vivre avec le virus. Mais vivre avec un virus, ça veut dire aussi mourir avec le virus", souligne-t-elle. "On a atteint quand même 59.000 morts, dont 18.000 dans les Ehpad. C'est donc assez monstrueux. Vivre avec le virus, ça n'est pas vraiment une bonne stratégie. Il y a des pays qui ont choisi de faire autrement."