Coronavirus : pourquoi la réserve sanitaire est-elle sous-utilisée ?

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La réserve sanitaire compte 41.000 volontaires. 1:40
La réserve sanitaire compte 41.000 volontaires. © BORIS HORVAT / AFP
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Des dizaine de milliers de volontaires sont en attente d'apporter leur aide au personnel soignant qui en aurait bien besoin : les bras de la réserve sanitaire sont sous-utilisés, avec quelques centaines seulement sur le terrain. Europe 1 a tenté de comprendre pourquoi.

Mais où sont passés les soignants de la réserve sanitaire ? Le dispositif, lancé en 2007 (après le risque de pandémie lié au H5N1) compte aujourd'hui 41.000 soignants volontaires, qui se sont inscrits sur cette plateforme pour venir en soutien d'autres soignants débordés dans les régions les plus touchées par le covid-19. Or seulement quelques centaines ont été affectés : 823 réservistes mobilisés depuis le début de la crise, sur les 41.000 qui ont fait acte de candidature. Mais pourquoi ?

La réserve sanitaire débordée

Cela veut d'abord dire des milliers de déçus comme Emeline, Kinésithérapeute à Paris. "On attend... Dès que les patients sont en réanimation, il y a besoin de kinésithérapeutes pour aider les équipes à retourner les patients. Moi actuellement je suis disponible tout le temps, nuit et jour...", se désole Emeline.

Il faut dire que la réserve sanitaire compte seulement 8 personnes pour vérifier toutes les candidatures, les diplômes, rédiger les contrats avec les hôpitaux... Ils reconnaissent être débordés. Alors en complément, les agences régionales de santé (ARS) ont lancé il y a deux semaines leur propre plateforme, renfort-covid.fr qui, elle, tourne à plein régime avec déjà plus de 5.500 soignants envoyés en mission. Mais dans ce cas, ce sont les établissements de santé qui gèrent la partie administrative.

"Ils envoient les gens sur des journées : une journée, deux journées, deux nuits. Nous on envoie les gens sur des semaines entières. Et nous en sommes à 5.569 journées, ce qui est historique. On n'est pas là pour jouer des gros bras. Le problème, c'est d'additionner des forces pour être au lit du patient", assène Catherine Lemorton, chef de la réserve sanitaire, qui assure que les deux services sont complémentaires.

Elle prend l'exemple d'une vingtaine de soignants qu'elle cherche à envoyer à Mayotte et pour qui elle doit dégoter un avion... Et eux, personne d'autre ne veut s'embêter à les acheminer, conclut-elle.

Europe 1
Par Matthieu Charrier