Coronavirus : "Si on ne fait pas les choses correctement, une deuxième vague est inévitable"

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Eric Caumes 2:10
Eric Caumes était l'invité d'Europe 1 mercredi matin. © Europe 1
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Alors que le reflux épidémique semble amorcé, une deuxième vague pourrait-elle frapper la France ? "Tout dépend de nous...", répond le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière au micro d'Europe 1. 
INTERVIEW

Faut-il craindre une "deuxième vague" ? Alors que le reflux épidémique semble amorcé en France, certains membres de la communauté scientifique alertent sur la possibilité d'un nouveau pic de contamination au Covid-19. "Tout dépend de nous. Si on ne fait pas les choses correctement, une deuxième vague est inévitable", explique Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, invité d'Europe 1 mercredi matin. 

"Il y a des problèmes au niveau du traçage des cas contacts"

Pour lui, la stratégie mise en place par les autorités sanitaires, "tester, tracer, isoler", est encore "trop faible". "On n'attaque pas correctement les chaînes de transmission, il y a des problèmes au niveau du traçage des cas contacts. On n’identifie pas assez de clusters", affirme-t-il. L'exemple allemand, qui a reconfiné mardi 600.000 personnes suite à la découverte d'un foyer de contamination, "prouve bien que l'on pourrait avoir une deuxième vague si l'on ne prend pas bien les choses", dit-il. 

Il vante toutefois les mérites du système allemand, qui repose sur des confinements "localisés", et non pas, comme en France, sur un confinement "élargi" à l'ensemble du territoire. "L’exemple allemand est l’exemple à suivre", ajoute-il. 

"Ce sont les lieux clos qui posent problème"

En France, il s'inquiète davantage du "laisser aller" observé dans les transports et les commerces, où "de moins en moins de gens continuent à porter des masques", que des images de la Fête de la musique à Paris, qui montrent des rues bondées, et des jeunes agglutinés. "Le virus se transmet très bien à l'intérieur, mais à l'extérieur on ne sait pas. Faisons la différence. Ce sont tous les lieux clos qui posent problème."

Europe 1
Par Laetitia Drevet