Coronavirus : "en première ligne", les aides à domicile réclament davantage de matériel

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© JEFF PACHOUD / AFP
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Les professionnels de l’aide et du soin à domicile sont, eux aussi, en grande détresse depuis le début de l'épidémie causée par le coronavirus. Ils manquent de matériel de protection, et en particulier de masques. Invité d'Europe 1, Guillaume Quercy, président de l'UNA-Union Nationale de l'Aide, des Soins et des Services aux Domiciles, rappelle que les auxiliaires de vie sont au cœur du système de santé.
INTERVIEW

Débordés et mal dotés en matériel de protection, les quelque 256.000 auxiliaires de vie - qui prennent encore soin d'un million de personnes vulnérables confinées chez elles en France - appellent à leur tour l'Etat à agir vite face à l'épidémie de coronavirus. "Les aides à domicile sont en première ligne", martèle depuis le début de l'épidémie Guillaume Quercy, président de l'UNA-Union Nationale de l'Aide, des Soins et des Services aux Domiciles. 

"Respecter la distanciation sociale est difficile"

"Elles exécutent des actes essentiels, auprès des personnes âgées en particulier mais aussi auprès des personnes en situation de handicap : se laver, se lever, se coucher, se nourrir, prendre ses médicaments... Or dans ces cas-là, lorsqu'elles prennent en charge des patients contaminés par le coronavirus, respecter la mesure de distanciation sociale est difficile", poursuit-il sur Europe 1. 

"Le domicile est au cœur du système de santé, sans lui tout peut exploser", reprend le président de l'UNA-Union Nationale de l'Aide, des Soins et des Services aux Domiciles. "Les hôpitaux sont aujourd'hui en état de submersion, or on peut limiter cette submersion en maintenant la "digue" du domicile, pour limiter les entrées dans les hôpitaux et pour libérer des lits dans les hôpitaux."

Guillaume Quercy réclame ainsi du matériel pour protéger les professionnels du soin à domicile "comme dans les Ehpad, pour les pompiers ou dans les établissements hospitaliers". "Les aides à domicile sont engagées mais aussi inquiètes", prévient-il. "Elles sont en colère car la digue n’est pas entretenue depuis 10-15 ans, prise en étau par l’Etat et le département, souvent dirigés par des gens incompétents sur le sujet ou de tristes gestionnaires budgétaires."