"On est plein à 100%" : des hôpitaux transfèrent des patients atteints du coronavirus

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Les lits de réanimation de l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône sont tous occupés. Image d'illustration.
Les lits de réanimation de l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône sont tous occupés. Image d'illustration. © Ali AL-DAHER / AFP
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Face à la saturation croissance des hôpitaux, les premiers transferts de patients entre régions ont eu lieu vendredi. Huit patients ont quitté l'Auvergne-Rhône-Alpes. À l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône, on tente d'assurer au mieux les soins et de désengorger les lits.
TÉMOIGNAGE

De plus en plus d'hôpitaux sont au bord de la saturation. Jeudi, l’hôpital Nord-Ouest à Villefranche-sur-Saône a émis un communiqué tirant "la sonnette d'alarme" sur ses capacités de soin. À 30 kilomètres de Lyon, il subit de plein fouet la deuxième vague de coronavirus. Pour sa directrice, Marie Pierre Bongiovanni, toute mesure est bonne à prendre pour limiter les effets de la saturation.

Un hôpital saturé et une équipe médicale affaiblie

Le constat est sans appel. "On est plein à 100 %. Sur notre réanimation c'est en continu. On est aussi en situation de crise sur les lits de médecine, c'est à dire les lits pour accueillir des patients qu'ils soient Covid ou pas Covid", explique Marie-Pierre Bongiovanni. L'hôpital compte 146 lits occupés par des patients Covid et neuf lits occupés en réanimation en raison du coronavirus. C'est 50% des capacités de réanimation de l'hôpital, l'autre moitié étant occupée par d'autres types de malades.

Selon la directrice, il y a autant de patients liés au coronavirus que lors de la dernière semaine de mars, au plus fort de l'épidémie de Covid-19. À cela s'ajoute le fait que "beaucoup de personnel ont le Covid, beaucoup plus que la dernière fois", ce qui ampute l'équipe soignante. De plus, les patients de l'Ehpad, dont l'hôpital a la charge, sont eux aussi plus nombreux à être contaminés.

Chercher toutes les solutions possibles

Pour l'instant l'hôpital procède surtout à des transferts de patients atteints du coronavirus vers Lyon, dont l'hôpital dispose de capacités plus élevées. Une solution qui ne résout pas tout, car pour les lits de médecine "c'est beaucoup plus difficile parce qu'il n'y a pas forcément de possibilités de transfert", explique Marie-Pierre Bongiovanni. L'hôpital va désormais pouvoir compter sur la reprise des premiers transferts interrégionaux de patients, puisque huit patients ont déjà quitté l'Auvergne-Rhône-Alpes pour la Nouvelle-Aquitaine.

L'hôpital compte surtout sur l'appel à la mobilisation qu'il a lancé afin d'obtenir plus de bras. "Actuellement, on recherche au moins 60 soignants, minimum. Et c'est très compliqué car malgré les appels qu'on a lancés pour des missions d'intérim ou de remplacement, les appels aux cliniques privées, aux personnes retraitées, aux professionnels libéraux, on n'a pas suffisamment de candidats pour remplir tous les postes", déplore la directrice de l'hôpital. "On est preneur de tout actuellement, même pour une semaine ou quinze jours".

Europe 1
Par Martin Pinguet, édité par Guilhem Dedoyard