Après la crise sanitaire, comment réformer les Ehpad ?

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Un rapport réfléchit à l'Ehpad de demain. 2:41
Un rapport réfléchit à l'Ehpad de demain. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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La crise sanitaire a dévoilé des défaillances dans le fonctionnement des Ehpad. Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé une loi Grand âge d'ici la fin de son quinquennat, le think tank "Matière grise" a publié un rapport afin de proposer des solutions concernant l'Ehpad de 2030.

À quoi doit ressembler l'Ehpad de demain ? La crise du Covid-19 a touché très durement les résidents d’Ehpad en France, avec près de 40.000 morts depuis mars 2020. Cela a au moins permis de remettre en question le modèle : que sont devenus ces établissements ? Un rapport du think tank "Matières grises" vient d’être publié pour réfléchir à l'après-crise et à l’Ehpad de 2030. Et le constat est sans appel : ces lieux sont trop souvent assimilés à des lieux d’enfermement et de contrainte pour les résidents.

Pour un Ehpad plus ouvert...

Aux nombreux deuils dû au coronavirus s’est ajoutée l’épreuve de l’isolement en chambre pour les 600.000 résidents d’Ehpad du pays. Un protocole sanitaire très strict les a éloignés de leur famille. Madeleine, qui vit dans une maison de retraite des Yvelines, a particulièrement mal vécu les évènements. Pour elle, l’Ehpad de demain devra donner plus de libertés aux personnes âgées, "même s’ils n’en profitent pas parce qu’ils n’ont personne à recevoir, mais ainsi ils ne se sentent pas brimés" analyse-t-elle.

"Les gens arrivent là, ils attendent quoi ? Le déjeuner, après ils dorment et après ils attendent le dîner. Si c’est ça la vie... Je crois que cette impression de liberté, c’est indispensable pour tout humain parce que sinon, on attend quoi ? La mort", appuie Madeleine. Elle aimerait aussi pouvoir avoir plus de choix dans les activités du quotidien, rencontrer plus de monde, imaginer davantage de connexions intergénérationnelles, avec des visites d’école par exemple. Bref, Madeleine veut avoir l’impression de vivre chez elle tout en étant sécurisée dans un Ehpad.

...où les résidents deviendraient des "habitants"

Un rapport publié par le think tank "Matières grises" va justement dans le même sens. Il propose de bannir le terme de "résidents" pour le remplacer par "habitants" qui vivent et imposent leurs propres règles plutôt que de répondre du matin au soir aux exigences de l’établissement. Les auteurs de ce rapport préconisent notamment que les "habitants" puissent choisir leur menu, l’horaire des repas et l’heure des visites.

Luc Broussy, cofondateur de "Matières grises", qui est à l’origine de ce rapport, esquisse ainsi l’Ehpad des années 2030. "L’Ehpad de demain doit être totalement au service du résident qui vient terminer sa vie. C’est un Ehpad qui doit ressembler le plus possible, dans ses espaces, dans son architecture, à un domicile, à quelque chose de convivial. Et puis l’Ehpad, ça doit être quelque chose de totalement ouvert sur la cité, sur son quartier et que ça ne soit pas, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui, des endroits trop repliés sur eux-mêmes."

Ce rapport préconise également la possibilité d’étendre "l’Ehpad plateforme", c’est-à-dire que des personnes qui vivent encore à leur domicile pourraient très bien se rendre dans un Ehpad pour y recevoir des soins ou pratiquer des activités culturelles. Autant de pistes qui pourront servir de base de réflexion pour la réforme sur le grand âge qu’Emmanuel Macron a promis avant la fin de son quinquennat.