Vaccins : Macron appelle "les Anglo-saxons" à arrêter de "bloquer" les exportations

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Emmanuel Macron s'exprimait depuis Porto. 1:26
Emmanuel Macron s'exprimait depuis Porto. © Francisco Seco / POOL / AFP
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Le président de la République Emmanuel Macron a appelé vendredi "les Anglo-saxons" à arrêter de "bloquer" les exportations des vaccins contre le coronavirus. Il souhaite que la "solidarité" mondiale soit renforcée afin de mieux lutter contre la pandémie. 

Le président français Emmanuel Macron a appelé vendredi "les Anglo-saxons" à arrêter de "bloquer" les exportations de vaccins et des ingrédients nécessaires pour les produire, ce qui permettrait de renforcer "la solidarité" vaccinale mondiale. Le président français a aussi répété être "ouvert" à l'idée de lever la propriété intellectuelle sur les vaccins anti-Covid, soutenue par le président américain Joe Biden. Le chef de l'Etat n'aurait pas apprécié la polémique autour du manque de générosité européenne. Il a profité du sommet européen pour rétablir sa position et ses priorités.

"Les Anglo-saxons bloquent beaucoup"

"Pour que le vaccin circule", il ne faut "pas bloquer les ingrédients et les vaccins eux-mêmes", a-t-il déclaré à son arrivée à un sommet européen à Porto. Or, "aujourd'hui, les Anglo-saxons bloquent beaucoup de ces ingrédients et des vaccins. Aujourd'hui, 100% des vaccins produits aux Etats-Unis d'Amérique vont au marché américain", a-t-il affirmé.

Il a souligné que sur 110 millions de doses produites en Europe, l'UE en avait exporté 45 millions et gardé 65 millions. "Nous sommes les plus généreux au monde aujourd'hui dans le camp des pays développés", a-t-il remarqué. "Il faut que l'Europe soit fière d'elle".

"Ouvert" sur la levée de la propriété intellectuelle 

Ces derniers mois, Emmanuel Macron avait estimé à plusieurs reprises que le "bon débat", "le débat utile", ne devait pas d'abord porter sur la propriété intellectuelle mais sur "le transfert de technologie et la mobilisation des capacités de production". Il avait indiqué ne pas avoir "d'opposition, seulement des doutes sur l'efficacité d'une éventuelle libération des brevets". Ce vendredi il s'est répété "ouvert" à l'idée.

Il a précisé que le débat sur les brevets ne devait "pas tuer la rémunération de l'innovation" et qu'il travaillait "totalement main dans la main avec la chancelière" allemande Angela Merkel et la Commission européenne sur ce sujet. "Nous, les Européens, nous battons pour que le vaccin soit un bien public mondial depuis maintenant un an, et je suis heureux qu'on nous suive", a-t-il lancé. La France s'est engagée à donner 5 % des vaccins Covid qu'elle recevra. Elle en aura notamment envoyé 500.000 d'ici fin juin pour des soignants en Afrique. 

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot avec AFP