"Ségur de la santé" : quels sont les enjeux pour le gouvernement ?

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Avec ce nouveau plan pour l'hôpital public, qui s'ouvre ce lundi, le gouvernement doit montrer qu'il est en mesure de tirer les leçons de la crise du Covid-19, tout en pensant à l'après. 
DÉCRYPTAGE

Remettre à plat un système qui a montré ses nombreuses failles. Sous pression après la crise du coronavirus, le gouvernement a promis d'ouvrir plusieurs dossiers au sein de l'hôpital public afin d'améliorer la prise en charge des malades et les conditions de travail des soignants. Un chantier titanesque, promis par Emmanuel Macron au plus fort de l'épidémie, qui se concrétise ce lundi avec le lancement du "Ségur de la santé". 

La pression est sur les épaules du gouvernement

Face à la colère du monde hospitalier, ce nouveau plan doit illustrer non seulement la capacité de l'exécutif à tirer les leçons de la crise, mais aussi à penser à l'après Covid-19. Et les dossiers sont nombreux : rémunération, temps de travail, effectifs, organisation des soins, dettes... "D'autant qu'il faut tout traiter de front si on veut vraiment avancer", plaide un conseiller ministériel au micro d'Europe 1. Du côté des soignants, on réclame des embauches, un arrêt de la fermeture des lits d'hôpitaux, mais aussi une revalorisation des salaires. Les syndicats revendiquent 300 euros en plus sur les bulletins de salaire.

Déjà promise par le ministre de la Santé, cette hausse n'a pas encore été détaillée, mais "il sait très bien que si on rajoute 50 balles, ça ne va pas le faire", explique l'entourage d'Olivier Véran. 

Tout remettre à plat....

Mais tout n'est pas qu'une question d'argent. Et si les infirmières françaises sont parmi les plus mal payées d'Europe, "on est un des pays de l'OCDE qui dépense le plus pour la santé. Il y a quelque chose qui cloche", s'alarme une ministre. C'est donc un système fondé depuis plusieurs décennies qu'il faut repenser entièrement, explique-t-on du côté du sommet de l'État. Un chantier colossal qui doit se jouer dans un agenda réduit.

... en un minimum de temps

Mais "le constat de ce qui ne marche pas, il est déjà fait depuis longtemps. On n'a pas besoin de 150 ans de concertation", pointe un membre du gouvernement. Effectivement, après deux jours de négociation, les annonces du "Ségur de la santé" seront faites à la mi-juillet. Juste à temps pour que la hausse des salaires soit inscrite au projet de loi de finances rectificatif de la Sécurité sociale cet automne. 

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Ugo Pascolo