Chloroquine contre le coronavirus : "Je sais qu’un médicament est toujours un poison", avertit Roselyne Bachelot

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L'ancienne ministre de la Santé était l'invitée de Bernard Poirette, samedi 4 avril. 2:20
L'ancienne ministre de la Santé était l'invitée de Bernard Poirette, samedi 4 avril. © Europe 1
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Invitée samedi d'Europe 1, l'ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot a appelé à la prudence, alors que les voix réclamant un élargissement de la prescription de la chloroquine, un médicament utilisé contre le paludisme mais qui agirait aussi sur le Covid-19, se multiplient. 
INTERVIEW

À l’initiative de l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, un manifeste publié par Le Parisien demande au gouvernement de faciliter la prescription de chloroquine contre le nouveau coronavirus. Plusieurs immunologues vantent en effet les résultats de cet antipaludéen sur les malades du Covid-19. "Je suis docteure en pharmacie, et j’ai de la mémoire. Presque tous les scandales sanitaires de ces vingt dernières années ont été liés à un mésusage des médicaments", a toutefois voulu avertir samedi, Roselyne Bachelot, elle-même ex-ministre de la Santé. "Je sais qu’un médicament est toujours un poison", ajoute-t-elle au micro de Bernard Poirette sur Europe 1.

"Je suis la ministre de la Santé qui a fait retirer le Médiator"

Alors que l’utilisation de la chloroquine fait débat, et que des tests sont actuellement pratiqués au niveau européen, les signataires de la tribune publiée par le quotidien francilien, qui s’accompagne d’une pétition en ligne, estiment que la nécessité sanitaire doit faire loi en raison de l’ampleur de la crise. "Le coronavirus est une maladie dont on guérit dans 80% des cas sans dommage, il ne faudrait pas que le médicament en créé", objecte Roselyne Bachelot pour qui la prescription massive de chloroquine doit d’abord être évaluée "en terme de bénéfices-risques."

"Je suis la ministre de la Santé qui a fait retirer le Médiator", veut-elle rappeler à propos de ce médicament, indiqué jusqu’à son interdiction dans le traitement du diabète de type 2, mais qui a également été prescrit à des patients souhaitant perdre du poids.

"L’extraordinaire lourdeur de notre Etat" face à la crise

Egalement interrogée sur la pénurie de masques et les polémiques quant au manque de préparation de l’Etat face à cette crise, Roselyne Bachelot déclare : "Il ne s’agit pas de chercher des coupables mais de mieux faire fonctionner l’Etat". Elle pointe ainsi "l’extraordinaire lourdeur de notre Etat qui l’empêche en temps de crise d’être agile". Mais de relever également : "Les mêmes qui accusent l’Etat de ne pas être actif en temps de crise, l’accuseront ensuite de ne pas avoir respecté les procédures."

Europe 1
Par Romain David