Le pétrole vénézuélien dans le viseur de Donald Trump ? La Maison Blanche a avancé plusieurs motivations pour justifier l’attaque éclair sur Caracas et la capture spectaculaire du dictateur sud-américain Nicolàs Maduro : mettre hors d’état de nuire un dirigeant accusé d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, montrer au monde la puissance militaire des Etats-Unis et son hégémonie sur le continent américain.
Mais aussi le fait de potentiellement exploiter à moyen terme les vastes réserves de pétrole du Venezuela, dont les principaux clients sont la Chine et Cuba ?
"La production de pétrole s’est effondrée" au Venezuela
Le Venezuela détient près de 20% des réserves de pétrole mondiales, plus qu’aucun autre pays dans le monde. Mais cette manne a été saccagée. Notamment par la gouvernance erratique de Nicolàs Maduro et l’embargo sur le pétrole imposé par Donald Trump lui-même, en 2019.
Le Venezuela est devenu un acteur marginal du marché, comme l’explique Philippe Chalmin : "La production s’est effondrée de 3,5 millions de barils par jour à la fin du 20e siècle, en novembre dernier, il a produit 86.0000 barils par jour. Le marché mondial peut se passer du pétrole vénézuélien. Il allait essentiellement en Chine et à Cuba, les Chinois trouveront du pétrole ailleurs, ça n’est pas dramatique". Les Etats-Unis peuvent largement se passer des réserves vénézuéliennes. Mais le retour des grandes compagnies pétrolières américaines dans le pays pourrait s’avérer payant, à moyen terme.
"Il y a une certaine logique géographique à ce que les Etats-Unis s’assurent leur approvisionnement en provenance du Venezuela. Cela prendra du temps de l’argent. Le retour en puissance du Venezuela pourrait compenser la baisse à laquelle on s’attend sur le pétrole de schiste américain, qui devrait atteindre son pic dans les années à venir", complète Philippe Chalmin. Aujourd’hui, Chevron est la seule compagnie américaine encore présente aux Venezuela. Mais Donald Trump appelle les autres compagnies à se rendre sur place pour réparer les infrastructures vétustes et exploiter les réserves du pays.