Coronavirus : selon l'Inserm, l'hydroxychloroquine est inefficace, voire toxique

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L'hydroxychloroquine prônée par le professeur Didier Raoult pourrait se révéler toxique lorsqu'elle est associée à de l'azithromycine. 1:16
L'hydroxychloroquine prônée par le professeur Didier Raoult pourrait se révéler toxique lorsqu'elle est associée à de l'azithromycine. © Pixabay
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L'Inserm a analysé plusieurs études effectuées sur l'hydroxychloroquine et en conclut qu'en plus d'être inefficace, cette molécule est toxique si elle est associée à l'azithromycine. Cet antibiotique fait pourtant partie du traitement prôné par le professeur Didier Raoult depuis de nombreux mois pour lutter contre le coronavirus.

C'est une analyse qui vient une fois de plus mettre à mal l'efficacité supposée de l'hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints par le coronavirus. L'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié récemment un article s'appuyant sur plusieurs études disponibles qui conclut à l'inefficacité de la molécule, mais surtout à sa toxicité lorsqu'elle est associée à un certain antibiotique. Au micro d'Europe 1, l'épidémiologiste co-auteur de ces résultats, Thibault‌ ‌Fiolet, livre les grandes lignes de ces conclusions. 

"Une augmentation statistique significative du risque de mortalité"

"On a constaté que l'hydroxychloroquine n'avait pas d'effet sur la mortalité des patients, sauf si elle est associée à de l'azithromycine", l'autre composante du traitement défendu bec et ongles depuis de nombreux mois par le professeur Didier Raoult. Mélangée à cet antibiotique, l'hydroxychloroquine a bien un effet... néfaste ! Les chercheurs ont observé "une augmentation statistique significative du risque de mortalité", affirme Thibault‌ ‌Fiolet. "Tout cela laisse présager que l'hydroxychloroquine ne serait pas efficace pour traiter les patients hospitalisés", ajoute-t-il prudemment au micro d'Europe 1.

Une prudence que le chercheur justifie : "On aura toujours des controverses, le sujet est devenu beaucoup plus politique que scientifique." Mais, il en est certain, les résultats de cette analyse "apportent une nouvelle pierre à l'édifice qui vont plutôt vers une clôture du débat de l'hydroxychloroquine." Et de conclure : "Pour l'instant, tout converge pour dire que ça ne fonctionne pas."

Europe 1
Par Eve Roger, édité par Ugo Pascolo