Gui Minhai, un éditeur qui déplaît aux autorités chinoises

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Gui Minhai, un Suédois d'origine chinoise vivant à Hong Kong a connu samedi son deuxième enlèvement en deux ans.

C’est un roman d’espionnage, votre histoire. Celle d’un éditeur qui a le malheur de déplaire aux autorités chinoises. Il est suédois, vit à Hong Kong, et vient de vivre son deuxième enlèvement en deux ans…

Gui Minhai, c’est son nom, était dans un train, samedi, dans l’Est de la Chine. Il allait vers Pékin, accompagné de deux diplomates suédois. Le but du voyage, c’était l’ambassade de Suède où officiellement, il devait être examiné par un médecin, car peut-être atteint d’une maladie neurologique rare. Ils sont dans le train, donc et peu de temps avant l’arrivée à Pékin, le train s’arrête dans une petite ville. Dix types en civil, sans doute des policiers, montent dans son wagon et embarquent Gui Minhai. Depuis plus de nouvelle, personne ne sait où il est.

Qu’est-ce que les autorités chinoises lui reprochent ?

D’être un poil à gratter. M. Gui est Suédois malgré son nom chinois. Il l’est devenu parce qu’il étudiait à Göteborg quand, en juin 89, en Chine, éclatent les manifs et la répression de Tian'anmen. M. Gui reste donc en Suède, dont il devient citoyen au début des années 90. Mais depuis, il était retourné en Chine, à Hong Kong, où il était libraire et copropriétaire d’une petite maison d’édition. Mais ses livres ont agacé Pékin : ils racontaient de ragots sur la vie privée des élites du Parti communiste. Et donc, Gui Minhai avait déjà disparu une fois, en octobre 2015 alors qu’il était en vacances en Thaïlande. On l’avait retrouvé en détention en Chine, sous prétexte d’une vieille affaire d’accident de la route. Enfin, ces derniers temps, M. Gui était en liberté surveillée dans une ville de l’Est du pays. On peut penser qu’il allait justement se mettre à l’abri quand il a été enlevé à nouveau ce week-end.

Qu’est-ce qu’on dit de cette affaire, à Pékin et à Stockholm aujourd’hui ?

La ministre suédoise des Affaires étrangères, qui a eu un rapport détaillé du "kidnapping officiel", a convoqué l’ambassadeur de Chine ce matin. Elle a reconnu que la situation avait "empiré depuis samedi". Quant à la porte-parole des Affaires étrangères chinoises, à Pékin, elle botte en touche : "Ce n’est pas dans son périmètre." Et quand un correspondant du New York Times lui demande si c’est plutôt du ressort de la sécurité intérieure, elle répond : "Qu’est-ce que vous croyez ? Ça fait combien de temps que vous êtes en Chine ?"

Grand dissidents et petits éditeurs : même combat, même sort…

Voilà, c’est une ligne de plus dans la longue liste d’arrestations et de disparitions intervenues depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, en 2012. Sont visés, ceux qui gênent. Et les observateurs remarquent que les Chinois ont tellement confiance dans leur puissance qu’ils ne s’embarrassent plus des formes. On enlève sous le nez de diplomates, et peu importe les critiques : elles glissent, et le président continue à faire des affaires.

Après James Bond, Titanic. On part maintenant au Canada, là où le célèbre paquebot a sombré il y a 106 ans. Le Titanic, qui a sombré dans la nuit du 15 avril 1912 au large du Canada, fascine toujours autant. Un petit sous-marin est testé cette semaine, pour pouvoir emmener des visiteurs sur l’épave. Marie-Laure Josselin, vous êtes à Montréal pour Europe 1. Chez vous des petits malins proposent d’aller voir l’épave, inapprochée depuis dix ans, à bord d’un sous-marin de poche. C’est décidément une affaire qui marche !

Ah oui, le filon Titanic est loin de se tarir ! Après les films sur le sujet, y compris en 3D, les expositions avec des artefacts du bateau, les voyages commémoratifs, à partir de juin, vous pourrez admirer derrière un hublot la célèbre épave, ce que seuls quelques privilégiés font, surtout des scientifiques.

On parle de passagers lambda, pas de scientifiques ?

Oui, c'est une entreprise basée aux États-Unis qui offre quelques places pour sa/ses (j’ai vu qu’ils remplissaient pour 2018 et début 2019 déjà) prochaine(s) mission(s) vers l'épave. Alors j'espère que vous avez un porte-feuille bien garni car le voyage coûte 100.000 euros. Pour ce prix, vous avez une semaine à bord du navire de recherche et au moins une plongée abyssale à environ 600 kilomètres à l'est de l'île de Terre-Neuve au Canada, car c'est là que le paquebot a sombré. Le sous-marin peut transporter cinq personnes et pour être sûr que tout va bien, il va être mis à l'essai, effectivement, au large de Seattle cette semaine.

On sait s’il y a des clients, et combien ?

54 personnes, oui, ont déjà candidaté. Donc si vous êtes aventurier, fasciné par le Titanic, avec de l'argent, beaucoup, et une bonne condition physique, dépêchez-vous. D’autant que l'épave se désagrège à cause d'une bactérie ultrarésistante. Elle pourrait avoir totalement disparu d'ici 2030. Les prix des "billets" pour l’expédition doivent justement servir à financer un modèle en trois dimensions du site de patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO, avant que le passage du temps ne l’efface à jamais.

En bref, ce tweet du maire de New-York Bill de Blasio.

"Grande nouvelle, nous sommes au 21ème siècle, les papas changent les couches maintenant !" Un tweet pour accompagner la loi qu’il vient de promulguer et qui rend obligatoire les tables à langer dans les toilettes publiques pour hommes dans toute la ville de New York ! Voilà une mesure concrète pour lutter contre les stéréotypes.