"En grande surface, il y a tout sur place" : le confinement plombe les boulangeries

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Le confinement dissuade les Français de sortir acheter leur pain tous les jours (photo d'illustration).
Le confinement dissuade les Français de sortir acheter leur pain tous les jours (photo d'illustration). © MYCHELE DANIAU / AFP
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Avec le confinement mis en place pour freiner l'épidémie de coronavirus, la fréquentation des boulangeries, habituées à voir certains clients tous les jours, est en baisse. Certains achètent leur pain au supermarché, tandis que d'autres ne viennent plus qu'une fois par semaine, par exemple. 

Plus question de sortir acheter sa baguette tous les jours. Avec les mesures de confinement prises pour freiner l'épidémie de coronavirus, les courses doivent désormais être strictement nécessaires, et les Français s'adaptent : si la vente de produits longue conservation, comme les pâtes ou le riz, explose, la fréquentation des boulangeries, elle, chute. Europe 1 l'a constaté à Grandcamp-Maisy, en Normandie. 

De 150 à 50 baguettes par jour

Installée en plein centre ville, Anne-Laure Cikalleski vend d'habitude entre 120 et 150 baguette par jour. Depuis le confinement c'est à peine 50 : les clients se font de plus en plus rares, et ceux qui se déplacent optent pour des pains se conservant plus longtemps. 

"Certains nous disent : 'désolés, vous ne nous voyez plus qu'une fois la semaine...'", témoigne la boulangère, qui dit comprendre "tout à fait" la nécessité du confinement. "Il y a beaucoup de personnes âgées qui sortent le moins possible."

Un roulement entre boulangers

Et puis, il y a les clients qui font un grand plein de courses en grande surface, par exemple une fois par semaine. "Il y a tout sur place", déplore la commerçante. Donc ils vont prendre leur pain, leur journal, leur boucherie-charcuterie, et ne pas aller chez les petits commerçants."

 

De l'autre côté de la rue, le deuxième boulanger de la commune fait le même constat. Alors, tous deux ont mis au point un système. "Il faut mieux s'entendre que de se faire la guerre", témoigne-t-il. "On a décidé de fermer deux jours chacun par semaine : moi je ferme le lundi et le mardi et ma collègue ferme le mercredi et le jeudi." Une manière de s'assurer d'avoir, au moins, tous les clients du jour quand l'autre est fermé. 

Europe 1
Par Carole Ferry, édité par Margaux Lannuzel