Coronavirus : ces entreprises textiles fragilisées par la surproduction de masques

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De nombreux masques jetables ont été importés d'Asie. 1:30
De nombreux masques jetables ont été importés d'Asie. © Solidarité Sida
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En France, 20 millions de masques en tissus fabriqués dans le pays n'ont pas trouvé preneur. Une situation qui pèse sur plusieurs entreprises textiles, qui avaient participé à l'effort collectif en reconvertissant leur appareil de production. 

Alors qu'au printemps, la France souffrait d'un manque de masque face à l'épidémie de coronavirus, le pays croule aujourd'hui sous les stocks, notamment de masques réutilisables en tissu que 400 entreprises textiles se sont mises à fabriquer à un rythme élevé dès le début du confinement. Mais les Français, eux, semblent privilégier les masques jetables importés d’Asie, eux aussi arrivés en masse sur le territoire. Une situation qui fragilise certaines entreprises textiles, qui avaient reconverti leur appareil de production pour répondre à la demande. 

"Depuis le 20 mars, on a produit 4 millions et demi de masques, et on a eu des annulations de commandes dans les dernières semaines qui nous laissent 100.000 masques sur les bras", explique Dominique Seau, le PDG d’Eminence, célèbre marque de sous-vêtements, de pyjamas et de maillots de bain. Si son stock finira bien par s’écouler, d’autres entreprises textiles, concurrencées par les importations massives de masques jetables, font face à des invendus d’une beaucoup plus grande ampleur.

Les fabricants misent sur une prise de conscience des Français

Au total, 20 millions de masques en tissu fabriqués ces derniers mois en France n’ont, à ce jour, pas trouvé preneur et pèsent sur les trésoreries. Au point, dit Yves Dubief, président de l'Union des industries textiles, de mettre en situation délicate plusieurs acteurs. "Il y a quelques inquiétudes pour certaines entreprises, qui ont à la fois un stock important de masques, et qui n’ont pas retrouvé dans leur métier de base une activité conforme à ce qu’elles connaissaient avant la crise du Covid", confirme-t-il.

La donne est peut-être en train de changer avec l'obligation désormais, de porter un masque dans tous les espaces publics clos. Les fabricants misent sur une prise de conscience des Français, en espérant qu’ils privilégieront leurs masques en tissu, lavables et réutilisables, plutôt que les masques jetables, plus commodes, certes, mais dont on commence à voir les ravages sur l’environnement.

Europe 1
Par Olivier Samain, édité par Antoine Terrel