Après le confinement, les cadres supérieurs à la recherche de maisons hors des villes

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Immobilier maison campagne ruralité 1:30
Les citadins sont nombreux à avoir envie de quitter les métropoles pour s'installer à la campagne. © MYCHELE DANIAU / AFP
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La crise du coronavirus pousse de plus en plus d'acheteurs à se tourner vers les biens immobiliers à la campagne, avec des surfaces plus grandes et des prix moins élevés que dans les villes. Attirés par la possibilité nouvelle du télétravail, ces cadres participent à renchérir le prix des maisons en zone rurale.
REPORTAGE

C'est une tendance qui se vérifie chez de plus en plus de notaires et d'agences immobilières : un véritable exode des grandes villes depuis le déconfinement. Ce boom pour l'achat de secondes résidences, à l'écart de Lyon ou de Paris, s'explique par la volonté d'y passer un tiers, voire la moitié du temps, grâce au télétravail popularisé par la crise du coronavirus.

Loin des villes, mais pas trop

Parmi les zones les plus prisées par ces nouveaux acheteurs figurent le Perche, entre Chartres et Alençon, à moins de 2 heures de la capitale. "C'est une maison percheronne, avec une chambre double et une chambre d'amis", explique Claire, nouvelle propriétaire avec son mari d'une maison de 160 mètres carrés et d'un grand jardin à Saint-Maurice-lès-Charencey, dans l'Orne. "On n'est pas sur des surfaces parisiennes, là."

Pour eux, l'investissement n'a pas consisté à acheter une maison de vacances. Il s'agit quasiment d'une deuxième résidence principale, en plus de leur appartement francilien. "C'est à 1h20 de Paris", explique-t-elle. "Avec le télétravail, on peut même partir le jeudi soir et rentrer le mardi matin. Ce n'est plus vraiment une maison de week-end, mais une maison de 'week-end-télétravail'." La pièce dédiée au télétravail est d'ailleurs déjà trouvée, avec "la bonne lumière et les bons branchements".

Ruée sur les biens

C'était leur rêve depuis longtemps. Claire et son époux ont franchi le pas juste après le confinement mais ils sont très loin d'être les seuls : "On a fait quelques visites, les gens achetaient les biens en 24 heures", raconte-t-elle. Cette tendance se confirme au niveau national. "Là, on a changement très net de profils d'acheteurs : on était plutôt sur des retraités il y a encore quelques temps mais, aujourd'hui, ce sont plutôt des cadres dirigeants", détaille Christine Fumagalli, la présidente du réseau immobilier Orpi. Il y a eu une augmentation d'un tiers des signatures de compromis sur la même période entre 2020 et 2019 à Chartres, selon ce réseau.

L'arrivée de nouveaux acheteurs a une conséquence inévitable sur les prix : ils ont augmenté de 14% depuis le déconfinement dans une ville comme Saint-Amand Montrond, dans le Cher, où les ventes ont été multipliées par deux par rapport à 2019, selon les chiffres d'Orpi.