Aéronautique : les sous-traitants attendent fébrilement le plan du gouvernement

  • A
  • A
Avions Airbus Aéronautique Coronavirus 1:30
Les avions cloués au sol sont un désastre pour les sous-traitants du secteur de l'aéronautique, comme l'entreprise Celso. © Thomas SAMSON / AFP
Partagez sur :
Le plan que présente mardi le gouvernement pour le secteur aéronautique est indispensable pour les sous-traitants, qui souffrent d'une baisse extrêmement forte de la demande. L'entreprise Celso, contactée par Europe 1, l'assure : les investissements sont mis en pause.

Le gouvernement présente mardi son plan de relance du secteur aéronautique, qui comprend 10 milliards d'euros d'investissements pour relancer un secteur durement touché par la crise du coronavirus. Mais au-delà des avionneurs, les sous-traitants attendent avec impatience de savoir comment ils pourront être aidés après avoir constaté une baisse drastique de leur activité. Car si les avions sont cloués au sol, les commandes ne seront pas honorées.

L'aéronautique représente par exemple 50% de l'activité de l'entreprise Celso, basée à Bressols, dans le Tarn-et-Garonne. Ce leader mondial de la fabrication des coussins pour cockpits occupe un marché totalement à l'arrêt ces dernières semaines.

Une extension "mise sous le coude"

Avant le confinement, la demande n'avait pourtant jamais été aussi forte : "On était dans des phases où on avait fait des investissements pour suivre les cadences d'augmentation, à la demande des avionneurs et du marché", explique la directrice générale de l'entreprise, Agnès Timbre-Saunière. "J'étais en train d'appuyer sur le lancement d'une extension pour doubler la surface de l'entreprise. Pour le moment, je la mets 'sous le coude' en attendant des jours meilleurs."

La dirigeante de l'entreprise Celso attend l'annonce de délais supplémentaires pour le paiement des charges sociales et des impôts. L'entreprise n'a plus recours à l'intérim pour l'instant, alors que tous ses employés sont revenus au travail depuis une semaine. Ils sont néanmoins à temps partiel, faute de commandes : "J'ai fait le choix de faire retravailler tout le monde, pour qu'on retrouve cette ambiance de travail. On sent le moteur de l'usine", assure Agnès Timbre-Saunière. "Mais cela me coûte 15% du salaire de tout le monde. C'est là que j'attends un support de l'État."

La directrice générale de Celso espère aussi que le plan de soutien puisse permettre aux "donneurs d'ordres", qui sont les grands groupes du secteur, de rapidement repasser des commandes. Sinon, sans activité avant 2021, il sera impossible de préserver l'emploi, prévient-elle.