Covid-19 : le rappeur Akhenaton dénonce des mesures qui "stigmatisent les plus jeunes"

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Les rappeurs d'IAM publient "Entre la pierre et la plume", un livre qui retrace l'histoire du groupe marseillais formé il y a trente ans. Invité vendredi d'Europe 1 pour l'occasion, Akhenaton estime que les réponses gouvernementales face à la crise sanitaire génèrent de la confusion et de la déception chez les jeunes générations.
INTERVIEW

Trente ans de carrière et une odyssée dans le rap français racontés dans un livre. Avec Entre la pierre et la plume (éditions Stock), le groupe IAM revient sur les origines de sa formation, les sources de ses textes et la vision de la société qu'il continue de défendre à longueur d'albums et de tournées. Sur Europe 1, vendredi matin, Akhenaton évoque justement cette société française aujourd'hui confrontée à la crise du coronavirus. Le rappeur se désole notamment des réponses apportées à la jeunesse et ses angoisses.

"Beaucoup de confusion" face aux mesures prises

Un couvre-feu prendra effet samedi à minuit dans plusieurs métropoles de France, dont Marseille, ville indissociable d'IAM. "Ça m'inspire surtout de la désolation", lâche Akhenaton au sujet de ces mesures adoptées pour lutter contre la propagation rapide de l'épidémie. "Je suis vraiment désolé, surtout pour les jeunes générations qui doivent vivre ça aujourd'hui. C'est une époque complexe et j'ai juste peur qu'on n'en ressorte pas par le haut." 

Pour le rappeur, "il y a une stigmatisation des plus jeunes à travers des mesures qui sont menées. Si, à la limite, ils (le gouvernement et les autorités, ndlr) fermaient les écoles et les transports en commun, je pourrais comprendre. On pourrait entendre une mesure restrictive dirigée vers l'ensemble de la population. Mais ces mesures qui ne concernent à chaque fois qu'une partie de la population - comme les jeunes -, apportent beaucoup de confusion." Invité d'Europe 1, en août, le rappeur s'était déjà montré critique envers les autorités, affirmant "douter" de "la vraie dangerosité" du Covid-19

La "parenthèse enchantée" s'est refermée

Akhenaton, 52 ans, dit surtout avoir "peur que cette confusion" génère "beaucoup de frustration, de colère et de peine dans des vies", notamment pour "des gens qui se sont saignés pour monter des affaires, des restos, des établissements qui sont des établissements familiaux. Je suis très peiné aujourd'hui de voir où on en est."

Sans tomber dans le "c'était mieux avant", le Marseillais revient au micro de Sébastien Krebs sur "la parenthèse enchantée" des années 1990 "où beaucoup de choses étaient permises et où on pouvait créer, innover sans être brimé ou catalogué". "Mes enfants veulent savoir comment ça se passait. Ma fille m'a dit 'Papa, j'aurais aimé vivre dans ces années-là'. J'ai beaucoup de peine pour cette nouvelle génération qui arrive à se dire 'finalement, j'aurais aimé vivre il y a trente ans'. Ce n'est pas terrible comme situation."