Rugby : comment le Japon est devenu "le coup de cœur" de la Coupe du monde

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Avant d'affronter l'Afrique du Sud ce dimanche en quart de finale de "leurs" Coupe du monde, les Japonais ne cessent d'impressionner depuis le début de la compétition. Comment expliquer cette réussite ?

Pays organisateur de la Coupe du monde de rugby, le Japon a parfaitement maîtrisé la phase de poule, avec quatre victoires en quatre matches. Un sans faute qui leur offre la première qualification de leur histoire pour les quarts de finale de la compétition. Le Japon affrontera dimanche l'Afrique du Sud, une équipe que le Japon avait battu au mondial en 2015 lors d'un match qui restera comme l'un des plus grands exploits de l'histoire du rugby. Presque inconnu du grand public avant cette Coupe du monde, le Japon a en tout cas tapé dans l’œil de nos experts, qui l'ont fait savoir dans Europe 1 sport

Le Japon, "c'est le coup de cœur"  

La Japon est "clairement le coup de cœur de tout le monde, l'équipe la plus emballante de la compétition avec la Nouvelle-Zélande", estime ainsi le journaliste Olivier Canton, au micro d'Europe 1. Dans une Coupe du monde marquée par les mauvaises conditions météorologiques, le Japon, pour "son jeu et par la fraîcheur de ce qu'il produit", empêche ce mondial de tourner "au fiasco", dixit Olivier Canton. "Sur les trente-sept matches, vous retenez quoi ? À par les victoires du Japon et deux ou trois autres matches, ça fait peu dans cette Coupe du Monde interminable", poursuit le journaliste.

Pour sa part convaincu que le Japon deviendra une nation importante du rugby mondial, notre consultant Eric Blanc souhaite voir "le Japon intégrer le four nation", afin "d'affronter l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud." Et selon lui, il peut clairement y arriver : le rugby nippon est en plein développement, notamment grâce à l'intégration d'un club japonais dans le "Super rugby". Les Sunwolves, une équipe tokyoïte, sont en effet intégrés à ce championnat, peut-être le plus prestigieux au monde, regroupant des équipes australiennes, néo-zélandaises, sud-africaines et argentines, depuis deux ans.

"Le Japon n'as pas renié son jeu malgré l'enjeu"

Les Japonais ont en tout cas déjà impressionné Eric Blanc. Selon notre consultant, le Japon "n'as pas renié son jeu malgré l'enjeu, en jouant énormément à la main". Notre consultant évoque également le cas de Jamie Joseph, sélectionneur du Japon et ancien international néo-zélandais : "Il est dans la continuité de ce qu'a fait Eddie Jones (sélectionneur du Japon de 2012 à 2015 ndlr ), il croit en un jeu et s'y tient. Les Japonnais sont très précis, disciplinés et mettent beaucoup de vitesse."

Eric Blanc rappelle également l'importance de Marc Del Maso, ancien entraîneur des avants de la sélection Japonaise : "La mêlée est un secteur ou le Japon s'est largement amélioré avec l'intervention en 2015 de Marc Del Maso. Dans les phases de contacts, ils sont costauds un peu partout."

Mais malgré son joli parcours, le Japon ne fera pas office de favori face aux Sud-Africains, qualifiés de "golgoth" par Eric Blanc. Pour cette rencontre, le principal problème sera "la dimension physique" des Japonais, d'après Olivier Canton. Même si, selon lui, "le Japon a historiquement toujours joué en mettant beaucoup de vitesse avec des gabarits moins développés. Déjà en 2015, ils jouaient comme ça. Ils avaient produit un rugby fantastique en battant les Sud-Africains."

Europe 1
Par François Dujarrier