Ligue des champions : PSG, les raisons d'un fiasco

, modifié à
  • A
  • A
Non, Marcus Rashford ne met pas la tête de Kylian Mbappé sous l'eau. Il le console...
Non, Marcus Rashford ne met pas la tête de Kylian Mbappé sous l'eau. Il le console... © Franck FIFE/AFP
Partagez sur :
Comme il y a deux ans à Barcelone, le PSG a été éliminé de la Ligue des champions à l'issue d'un scénario improbable.
ON DÉCRYPTE

L'histoire ne se répéterait pas. Le PSG avait appris de ses erreurs du passé. Il allait se qualifier tranquillement pour les quarts de finale de Ligue des champions. Avant le huitième de finale retour face à Manchester United, mercredi soir, au Parc des Princes, peu d'observateurs croyaient possible une nouvelle élimination du PSG après un résultat aussi flatteur à l'aller. Mais, comme il y a deux ans à Barcelone (4-0 à l'aller, 1-6 au retour), le club de la capitale a failli. Vainqueur 2-0 à Manchester, il a été éliminé après une défaite 3-1 et un nouveau match au scénario rocambolesque.

Des erreurs individuelles. Le jeu demande faute, dit-on souvent. Mais Manchester United n'en demandait sans doute pas tant. Guère dangereux à l'aller, les Red Devils ne l'ont été guère plus au retour : cinq tirs, dont quatre cadrés, pour trois buts. Le ratio est extraordinaire. Comme la bourde initiale de Thilo Kehrer. Préféré à Thomas Meunier pour débuter dans le côté droit de la défense parisienne, le jeune Allemand a littéralement offert le premier but à Romelu Lukaku. Sa passe a trompé Thiago Silva mais a parfaitement lancé l'international belge, qui a dribblé Gianluigi Buffon avant de tacler juste à temps le ballon dans le but vide (0-1, 2e).

Le portier italien, pas heureux sur le coup, fut carrément fautif par la suite. Alors oui, la frappe de Marcus Rashford, flottante, était bien vicieuse, la pelouse et le ballon détrempés par la pluie, mais un gardien de son expérience et de son talent pouvait faire mieux que de relâcher le cuir devant Lukaku, encore lui (1-2, 30e). Beaucoup mieux, même.

Amené à expliquer la défaite au micro de RMC Sport, le coach allemand du PSG, Thomas Tuchel - qui avait choisi de ne rien changer tactiquement par rapport à l'aller, et rien non plus à la mi-temps, ce qui peut être matière à critiques -, n'y alla d'ailleurs pas par quatre chemins. "C'est facile à expliquer : on a fait deux cadeaux en première mi-temps. On a totalement contrôlé le match pendant les 30 premières minutes. On a joué avec beaucoup de qualité, une bonne mentalité, une bonne réaction après ce cadeau à Manchester. On a eu beaucoup d'occasions. Et là, sans occasion, sans rien, il y a ce deuxième but de Manchester. Et là, c'est comme si tout le monde se disait : 'Ils ont deux buts alors qu'ils n'attaquent pas'. Nous avons contrôlé le match. C'était un résultat totalement ridicule."

Une VAR défavorable. Le ridicule ne tue pas, la VAR si. Introduite dès les huitièmes de finale de cette saison, avec quelques mois d'avance, l'arbitrage vidéo a déjà fait une victime : le PSG. Car, à vitesse réelle, est-ce que l'arbitre de la rencontre, Damir Skomina, aurait sifflé penalty pour Manchester ? Sans doute que non. Il avait d'ailleurs donné corner avant que l'assistant vidéo n'affole son oreillette. Après visionnage des images le long de la ligne de touche, il a choisi d'accorder le penalty. Justice a-t-elle été rendue ? Difficile à dire. Sur le tir mortel pour le PSG, Presnel Kimpembe touche bien le ballon du bras droit, mais c'est en se retournant, à la limite de la surface, et sur une frappe qui ne semblait pas vraiment prendre la direction du but...

Neymar, l'un des grands absents de cette rencontre - Il y en avait aussi beaucoup côté Manchester… -, a son avis sur la question : "C'est une honte. Ils mettent quatre personnes (des arbitres, ndlr) qui ne connaissent rien au football pour visionner les ralentis à la VAR. Il n'y a pas penalty. Comment il peut faire main alors qu'il est de dos ? Allez vous faire enc**** !", a-t-il commenté. Voilà qui a le mérite d'être clair.

Un PSG trop brouillon. Mais si le PSG s'est retrouvé dans cette situation dans le temps supplémentaire (car oui, ce penalty a été accordé à la 90e+2, sinon ce n'était pas assez loufoque !), c'est aussi parce qu'il n'a pas su se mettre à l'abri plus tôt, face à une équipe de Manchester pourtant fortement amoindrie (neuf joueurs majeurs absents, dont Paul Pogba, suspendu). Certes, Neymar n'était pas là, Edinson Cavani non plus (il a fait son entrée en toute fin de match), mais le PSG avait montré d'autres choses dans cette organisation-là, à l'aller, mais aussi en Championnat lors de ses dernières sorties, avec notamment un Kylian Mbappé qui avait feu de tout bois.

Force est de constater que l'international français a été très actif, très entreprenant mercredi, mais il a aussi manqué de justesse dans les derniers gestes. Il y a cette contre-attaque, ruinée après avoir marché sur le ballon. Ou encore ce duel face à David De Gea, en fin de match, perdu après une glissade. On peut noter, d'ailleurs, que Romelu Lukaku, avant-centre de métier, n'a, lui, pas raté un duel identique face à Buffon en première période.

Angel Di Maria, l'autre homme en forme de l'attaque parisienne, n'a pas lui non plus réussi à débloquer la situation, même s'il n'a pas ménagé ses efforts et même cru avoir marqué le but du 2-2, avant d'être signalé en position de hors-jeu (56e) après une offrande sublime de Mbappé. Et c'est finalement le latéral espagnol Juan Bernat qui a été le plus dangereux pour le PSG. Buteur (12e), il a aussi trouvé le poteau après le raté de Mbappé devant De Gea (84e). Car oui, le PSG a eu un peu de malchance aussi...

Un tir sur le poteau, un penalty litigieux concédé, un but refusé sur un hors-jeu de quelques centimètres seulement, un but concédé en début de match, un autre dans le temps supplémentaire… Toute cette soirée a suinté l'inéluctable pour le PSG. Le club de la capitale, ses joueurs et ses supporters vont mettre longtemps à s'en remettre.