Barrages de la Ligue Europa : face à La Gantoise, Bordeaux joue (déjà) gros

, modifié à
  • A
  • A
Les Girondins sont dans la tourmente après un début de championnat raté et marqué par la mise à pied de leur entraîneur.
Les Girondins sont dans la tourmente après un début de championnat raté et marqué par la mise à pied de leur entraîneur. © JASPER JACOBS / BELGA / AFP
Partagez sur :
Les Bordelais, en crise depuis la mise à pied de leur entraîneur, se déplacent jeudi à Gand pour le match aller de leur barrage de Ligue Europa. Une victoire ferait du bien aux troupes, en attendant, peut-être, Thierry Henry.

Le mois d’août n’est même pas terminé et pourtant, la saison de Bordeaux atteint déjà un premier tournant crucial. Sur fond de crise après la mise à pied de l’entraîneur Gustavo Poyet, et alors que la rumeur d’un remplacement par Thierry Henry prend de l’ampleur, les Girondins se déplacent jeudi à Gand, en Belgique, pour leur barrage aller de Ligue Europa (20h45). Un match capital pour retrouver la confiance après un début de championnat raté (deux défaites en deux matches) et espérer une qualification européenne synonyme de coup de pouce financier.

Crise sur le terrain et en coulisses. Depuis une semaine, le Château du Haillan est sens dessus dessous. Le centre d’entraînement des Girondins a été le théâtre d’une pièce aux multiples rebondissements et dont le dénouement reste encore à écrire. Il y a d’abord eu le coup de gueule tonitruant de Gustavo Poyet, au soir de la qualification de son équipe pour les barrages de la Ligue Europa, le 16 août. Fustigeant l’attitude de ses dirigeants qui auraient laissé partir l’attaquant Gaëtan Laborde sans recruter par ailleurs, l’entraîneur uruguayen avait explosé en conférence de presse, parlant de son "plus mauvais jour dans ce club" et menaçant même de démissionner. Le lendemain, le président bordelais Stéphane Martin annonçait la mise à pied du technicien, qui a "dépassé les bornes", en vue d’un licenciement.

Un coup de tonnerre qui a plongé le club dans la crise. Les joueurs, très attachés à Gustavo Poyet, ont manifesté leur mécontentement mais n’ont pas eu le temps de s’apitoyer sur son sort, Ligue 1 oblige. Mais sur le plan sportif, les Girondins ne sont pas au mieux non plus. Battus, à domicile, en ouverture du championnat par Strasbourg (0-2), les Bordelais, coachés par l’intérimaire Éric Bédouet, devaient se remobiliser contre Toulouse. Mais, guère convaincants, ils ont laissé filer le derby de la Garonne (2-1). Résultat : deux défaites en deux journées, un but inscrit pour quatre encaissés et une inquiétante 18ème place.

Mercato léger. Couplé à un mercato estival décevant - Malcom, sa star, est parti à Barcelone -, ce faux départ en championnat a provoqué une scission entre les dirigeants et le public. Le désamour est palpable avec des supporters de plus en plus inquiets de la tournure des événements. Les entraînements sont d'ailleurs à huis-clos jusqu'à nouvel ordre. Une qualification pour la phase finale de la Ligue Europa, que Bordeaux n’a plus disputé depuis 2015, permettrait donc d’apaiser les esprits. Mais l'affaire pourrait s'avérer piégeuse avec ce déplacement à La Gantoise qui avait fait souffrir Lyon il y a trois ans en Ligue des Champions.

Sur la pelouse du quatrième du dernier championnat belge, les Girondins passeront un vrai test de solidité et tenteront avant tout de gommer leur déchet technique coupable à Toulouse. Pour résoudre ce double défi, les hommes d’Éric Bédouet pourront compter sur deux atouts : le Brésilien Pablo, qui fait son retour en défense centrale pour épauler Jules Koundé, et leur nouvel ailier Samuel Kalu, recruté cet été à… La Gantoise, qui voudra briller face à ses anciens partenaires. Le Nigérian de 20 ans devra toutefois se montrer plus précis à l’approche des buts que contre Toulouse. Éric Bedouet, qui a concédé que certains joueurs étaient "perturbés" par la situation, a expliqué par ailleurs qu'il devait "tenir compte du match de dimanche" en L1 contre Monaco et qu'il effectuera donc des "rotations" jeudi lors du duel face à La Gantoise, qualifiée de "très belle équipe" qui "a des qualités dans chaque zone".

En quête d’un attaquant. La volonté des Girondins de repartir de l’avant suffira-t-elle pour autant à leur faire prendre l’ascendant sur les Belges ? Pas sûr, tant l’effectif du club reste, pour l’instant, limité. Pour ce barrage aller, Bordeaux avait rêvé de se présenter avec un nouvel avant-centre suite au départ médiatisé de Gaëtan Laborde à Montpellier. Peine perdue. A force de tâtonner, le dossier du Brésilien Pedro, l'actuel meilleur buteur de son championnat avec Fluminense, ciblé depuis plus de deux mois, n'a toujours pas abouti.

Avec une première offre en juillet de 8,5 millions d'euros, les dirigeants girondins ont cru attirer cet oiseau rare (21 ans, 1,85 m), appelé pour la première fois par son sélectionneur Tite pour les matches amicaux de septembre, et ayant peu d'équivalent, à leurs yeux, sur le marché européen. La deuxième offre officielle a tardé, volontairement ou pas, déclenchant la furie de Gustavo Poyet. Plus conséquente - les médias évoquent une somme entre 15 et 17 millions d'euros - elle a été formulée en début de semaine mais également repoussée par le club carioca, qu'on sait pourtant exsangue financièrement.

Thierry Henry, le sauveur ? A défaut d’un attaquant sur le terrain, Bordeaux pourrait sortir de l’impasse grâce à un attaquant… sur le banc. Alors que, pour remplacer Gustavo Poyet, les noms de Laurent Blanc, Jürgen Klinsmann, Claudio Ranieri, Jocelyn Gourvennec ou encore Rémi Garde circulaient, c’est finalement Thierry Henry qui semble tenir la corde. L’ancien avant-centre vedette des Bleus et d’Arsenal aurait donné son accord de principe aux Girondins, ne reste plus qu’à passer la validation des actionnaires et du fonds d’investissement GACP, qui s’apprête à reprendre le club en main, assurent RMC Sport et L’Équipe.

Si l’arrivée de Thierry Henry, qui n’a jamais été entraîneur d’un club et officiait jusqu’ici comme adjoint de la sélection belge, se confirmait, il s’agirait d’un pari, pour lui et pour le club. Inexpérimenté, "Titi" se retrouverait à la tête d’une équipe en plein doute. Mais son seul nom pourrait suffire à attirer des recrues capables d’impulser une nouvelle dynamique. Interrogé sur la rumeur Henry lors de la conférence de presse d'avant match, Éric Bédouet a déclaré ne pas être tenu informé des négociations : "On n'a rien, vraiment rien du tout. On est là pour jouer un match. Ce qui se passe en coulisses, on n'est pas au courant, sincèrement". Dans l’immédiat, un bon résultat en Belgique permettrait à Bordeaux d’envisager une qualification en Ligue Europa, synonyme d’enveloppe d'au moins 2,6 millions d’euros (le montant versé l'an dernier). Un bonus qui pourrait également débloquer la fin de mercato des Girondins.