Remontées mécaniques fermées : dans les Pyrénées, "on ne comprend pas" la décision

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Les commerçants ont manifesté à Luchon en Haute-Garonne pour la réouverture des remontées mécaniques. 1:25
Les commerçants ont manifesté à Luchon en Haute-Garonne pour la réouverture des remontées mécaniques. © Benjamin Peter / Europe 1
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Les stations de sport d'hiver voient les vacances se rapprocher avec inquiétude. Le gouvernement a interdit les remontées mécaniques et les professionnels du tourisme craignent un mois catastrophique. Saisonniers et salariés ont manifesté vendredi à Luchon et quatre départements ont saisi le Conseil d'Etat pour essayer de faire changer les choses.
REPORTAGE

"C'est la mort de nos vallées, la seule économie qu'il y a c'est le tourisme et là on est en train de l'écraser." À l'image de Christophe qui tient une maison d'hôtes au cœur du Luchon, dans les stations de ski, la colère s'exprime et la fronde s’organise. Vendredi plusieurs centaines de commerçants salariés et saisonniers se sont retrouvés à Luchon en Haute Garonne pour manifester leur mécontentement et leur incompréhension. Dans les Pyrénées, comme dans les Alpes, les professionnels du secteur demandent à pouvoir rouvrir leurs remontées mécaniques pour les fêtes, en dépit de la situation sanitaire liée au coronavirus. Beaucoup d'entre eux se demandent comment ils vont pouvoir faire cet hiver si les clients ne reviennent pas dans les stations, comme cela semble se profiler depuis l'annonce de Jean Castex.

"Les gens ne veulent pas venir"

"Aujourd'hui, tout le monde a annulé. Quand Jean Castex a parlé, dix minutes après ma dernière réservation tombait. Les gens ne veulent pas venir", explique Christophe. Sa maison d'hôtes a été désertée et il s'attend à un mois de décembre catastrophique. L'inquiétude est la même du côté de Stéphanie, saisonnière a Peyragudes, elle s'occupe habituellement de la billetterie. Toute sa famille vit du tourisme et elle ne sait pas comment ils vont s’en sortir "C'est catastrophique, nous on vit de ça, on n'a pas le choix. On a une promesse d'embauche au 4 janvier. On ne pensait pas qu'on n'allait pas travailler pendant les vacances de Noël. Ils nous enlèvent dix jours de travail. C'est carrément un cauchemar."

Laurent Garcia, lui, est le directeur de la station de Peyragudes et il à du mal à trouver des justifications à la décisions du gouvernement de s’en prend au ski. "On ne comprend pas, c'est une activité de plein air, sans comparaison avec les attroupements que l'on peut retrouver tous les jours dans les centres-villes. On est très frustrés car on a une situation météo hyper favorable en ces veilles de Noël et on aurait été capable d'avoir un super produit pour nos clientèles donc c'est une grosse déception", explique-t-il. Pour riposter, quatre départements d’Occitanie ont saisi le conseil d’Etat pour obtenir l’ouverture des remontées mécaniques. Beaucoup de professionnels redoutent toutefois que même en cas de victoire les skieurs ne reviennent pas.

Europe 1
Par Benjamin Peter