Covid : trois questions sur le vaccin à ARN messager, probablement le premier disponible

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Vaccin coronavirus 1:54
Coronavirus : trois questions que l'on se pose sur le vaccin à ARN messager © JOEL SAGET / AFP
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Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont déposé une autorisation conditionnelle auprès de l'Agence européenne du médicament pour commercialiser leur vaccin. Durée de l'immunité, risque d'effets secondaires, contagion : Europe 1 répond à trois questions qui subsistent encore sur le sujet. 
DÉCRYPTAGE

Le début des campagnes de vaccination contre le coronavirus s'approche. Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé, mardi, avoir déposé une demande d'autorisation conditionnelle auprès de l'Agence européenne du médicament (EMA) pour pouvoir commercialiser leur vaccin, efficace à 95% selon ces laboratoires. Ce vaccin, sûrement le premier pouvant être disponible, utilise la technique de l'ARN messager, ou acide ribonucléique (ARN) messager (m). Durée de l'immunité, risques, contagion : Europe 1 fait le point sur les questions qui se posent encore. 

A-t-on assez de recul sur ces vaccins ? 

Conceptuellement, les vaccins à ARN messager ne présentent pas plus risque que les autres. La Haute autorité de santé rappelle d'abord qu'il n'y a aucun risque que la partie génétique du vaccin s'intègre au génome humain. Ensuite, un avantage : ces vaccins ne demandent pas l'utilisation d'adjuvant pour être efficaces.

Si il est vrai qu'il y a moins de recul sur cette technologie, cela ne signifie pas pour autant, parce que c'est nouveau, que c'est mal toléré, assurent les experts. Il y a cinq ans, les vaccins contre Ebola ont été conçus très rapidement, avec des vecteurs viraux, une autre technique. Mais l'efficacité a bien été au rendez-vous et il n'y a pas eu de problèmes. 

Combien de temps va durer l'immunité, après l'injection du vaccin ? 

La réponse à cette question est encore incertaine. Actuellement, les experts disposent seulement du recul sur les essais cliniques et sur les toutes premières injections, qui remontent à la fin du printemps. Mais sous réserve des données définitives, toujours attendues, il semble qu'à ce stade les anticorps, et donc la protection, dure au moins six mois.

Est-il possible de rester contagieux malgré une vaccination ? 

A ce stade, cette question n'est pas encore tranchée. Pour protéger des formes graves de la maladie, le vaccin agit sur le système immunitaire et sur les poumons. D'après les essais, on sait que cela fonctionne. Mais pour pouvoir en plus protéger contre les contaminations, le vaccin doit aussi être capable de faire disparaître le virus de la bouche et du nez, car c'est par là qu'on le transmet.

A ce sujet, les données manquent encore. La vaccination devrait stopper les cas graves et les décès, mais pour l'instant il n'est pas encore certain qu'elle stoppera les contaminations.

Europe 1
Par Anne Le Gall, édité par Mathilde Durand