RÉCIT - Fusillade à Strasbourg : le film de la soirée

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Trois personnes ont été tuées et douze blessées dans une attaque visant le marché de Noël de la ville, mardi soir, peu avant 20 heures. 
RÉCIT

La fusillade a éclaté une dizaine de minutes avant la fermeture du plus célèbre marché de Noël de France. Mardi soir, il est 19h50 rue des Orfèvres, au cœur de Strasbourg lorsqu'un homme de 29 ans, fiché S, tire pour la première fois sur les passants, près des chalets de bois proposant vin chaud et produits locaux. Entré par le pont du Corbeau, l'un de ceux qui permettent d'accéder au centre historique de la ville, l'assaillant crée un mouvement de panique. Il ouvrira le feu "en trois points" de la métropole, selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. 

"C'était des rafales, je dirais cinq ou six". Dans son logement avoisinant, une mère de famille croit d'abord à des feux d'artifice. "Mais on est allés à la fenêtre et on a vu une foule autour de deux personnes qui étaient allongées par terre", témoigne-t-elle auprès d'Europe 1. "Ils ont mis des couvertures, ça commençait à ressembler à quelque chose de grave." Maurice marche dans une rue du quartier pour se rendre à la salle de sport lorsqu'il aperçoit de premiers impacts de balle. "J'ai commencé à voir les gens s'inquiéter, il y a eu une sorte de mouvement de foule, tout le monde s'est mis à courir à l'opposé des coups de feu. (...) C'était des rafales, je dirais cinq ou six."

Le tireur prend ensuite la direction de la place Kléber, où est installé le plus haut sapin de Noël d'Europe. Dans sa course, il tire à nouveau plusieurs fois. "Quelqu'un est venu vers moi en me disant : 'c'est fou, il y a quelqu'un qui tire sur les gens'", raconte un témoin interrogé par nos journalistes. "Je me suis approché, j'ai vu une personne au sol avec du sang qui coulait. (...) J'ai ouvert la porte et j'ai dit aux gens de rentrer chez moi." Parmi les victimes de la fusillade, trois personnes trouvent la mort. Douze autres sont blessées. 

"On est restés pendant trois heures barricadés". Dans les rues de la ville, les forces de l'ordre demandent aux passants de se barricader chez eux. "Ça s'est passé très vite, j'ai vu des gens au sol et l'employé du bar où on était nous a dit : 'vous passez par la porte de derrière, vous montez le plus haut possible, vous toquez aux portes'", raconte Sam, qui passait la soirée avec des amis. "On est restés pendant trois heures barricadés au troisième étage d'un immeuble." 

Entre 20h20 et 21 heures, l'assaillant continue lui d'échanger des coups de feu avec les forces de sécurité. D'abord avec un militaire de l'opération Sentinelle, qui le blesse. Puis avec des policiers, sans que personne ne soit touché. Le tireur, dont les enquêteurs estiment qu'il pourrait chercher à rejoindre l'Allemagne, monte ensuite dans un taxi, sans violence. Après avoir fait le rapprochement, le chauffeur confirmera aux enquêteurs que son client était touché au bras. 

Au milieu des illuminations de Noël, les rues de la ville restent désertes plusieurs heures : l'évacuation des personnes confinées ne sera levée qu'à 2 heures. Malgré la mobilisation de 350 membres des forces de l'ordre, le suspect est toujours en fuite au petit matin.