Fusillade à Strasbourg : trois morts et 13 blessés dans une attaque en plein centre-ville

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La fusillade a eu lieu dans le centre-ville de Strasbourg, à proximité immédiate du marché de Noël.
La fusillade a eu lieu dans le centre-ville de Strasbourg, à proximité immédiate du marché de Noël. © FREDERICK FLORIN / AFP
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Trois personnes ont été tuées et 13 autres blessées mardi soir, à proximité du marché de Noël de Strasbourg, par un tireur identifié et toujours activement recherché. 
L'ESSENTIEL

Une traque policière a été lancée mardi soir dans la ville de Strasbourg pour retrouver l'auteur d'une fusillade, fiché S, qui a tué trois personnes et en a blessé 13 autres, près du marché de Noël dans le centre-ville. 

Les informations à retenir : 

  • Une fusillade a fait trois morts et 13 blessés dans le centre-ville de Strasbourg mardi soir
  • Le tireur, un homme fiché S, est en fuite et activement recherché depuis mardi 20h
  • La piste de l'attaque terroriste est évoquée, et une enquête pour "entreprise terroriste" a été ouverte 

Ce que l'on sait de la fusillade

Une fusillade a éclaté mardi soir dans le centre-ville de Strasbourg, à proximité du marché de Noël. Un homme armé, manifestement seul, a ouvert le feu sur des passants à plusieurs reprises dans la rue. Vers 19h50, "un individu armé est rentré dans le périmètre du marché de Noël par le pont du Corbeau (l'une des voies d'accès au centre historique, ndlr) en se dirigeant vers la rue des Orfèvres", l'une de plus animées, a indiqué la préfecture. Puis "l'individu a ouvert le feu, blessant plusieurs personnes". La foule qui se pressait dans les rues alentour les a quittées précipitamment, et des passants ont trouvé refuge dans des bars et restaurants. 

Le tireur s'enfuit, blessé, en taxi. Le tireur a été blessé par des soldats de l'opération Sentinelle qui ont tenté de l'intercepter. Il a réussi malgré tout à s'enfuir en prenant un taxi, d'après plusieurs médias. Le traditionnel marché de Noël de Strasbourg - qui a connu dans le passé des menaces d'attentat - est protégé en permanence par un important dispositif. 

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Les secours ont été déployés en nombre mardi soir dans le centre-ville de Strasbourg. ©ABDESSLAM MIRDASS / AFP

Les habitants appelés à rester confinés. La préfecture de la région Grand Est a formellement appelé les personnes du secteur Neudorf et parc de l'Étoile, deux quartiers voisins du centre-ville où se serait retranché l'assaillant, à rester confinées. Le centre-ville a été entièrement bouclé par les forces de l'ordre, ainsi que les accès à l'autoroute A35 et des transports ont été suspendus. "La situation est toujours en cours, la priorité est à l'intervention des forces de sécurité et de secours", a indiqué sur son compte Twitter le ministère de l'Intérieur. 

Le centre-ville évacué. Le Parlement européen, actuellement en session, a été entièrement confiné à l'annonce de la fusillade. Plusieurs centaines de personnes ont été également confinées dans des lieux de spectacles, des magasins ou des restaurants, par mesure de sécurité, pendant plusieurs heures. La police nationale a également fait évacuer le centre-ville, et certains habitants n'ont pas pu regagner leur domicile. 

Opération de police toujours en cours. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a précisé lors d'une déclaration dans la nuit que par deux fois, vers 20h20 puis 21h, l'assaillant a été confronté aux forces de sécurité, avec des échanges de tirs. À 2h20 du matin, les recherches se poursuivaient toujours pour tenter d'interpeller le suspect. Quelque 350 forces de sécurité sont mobilisées, dont le Raid, la BRI et des soldats de l'opération Sentinelle. Des renforts étaient en cours d'acheminement dans la nuit. 

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Quel est le bilan humain ? 

Trois morts et 13 blessés dont huit graves sont à déplorer, selon un dernier bilan donné par le ministre de l'Intérieur. Les blessés, dont six sont en urgence absolue, ont été évacués vers le centre hospitalier de Strasbourg. Selon l'état-major des armées, un soldat de Sentinelle a été blessé légèrement à la main par ricochet d'un tir de l'assaillant.

"J'ai vu deux personnes au sol". "J'ai vu deux personnes au sol. Et d'un coup, quelqu'un est arrivé vers moi en me disant qu'un homme tirait sur les gens", a raconté au micro d'Europe 1 Philippe, qui était en train de promener son chien dans le centre-ville au moment du drame. "J'ai vu une personne au sol, inconsciente, avec du sang qui coulait, et une autre personne, par terre, juste derrière elle. Plus loin dans la rue, il y avait encore une ou deux personnes par terre…", a-t-il témoigné à chaud. "Quand j'ai vu que les gens couraient, je leur ai dit de rentrer dans ma cour intérieure". 

La préfecture a mis en place une cellule d'information du public, "prioritairement réservée aux appels des personnes concernées par la situation en cours" : 0 811 000 667. Les vicitmes physiques et psychologiques peuvent contacter la cellule interministérielle de crise au 01 43 17 43 17. Une cellule d'urgence médico-psychologique a été ouverte place Gutenberg, et un gymnase a été réquisitionné pour accueillir les habitants ne pouvant pas rejoindre leur domicile du centre-ville. Par ailleurs, le safetycheck de Facebook a été activé. 

Que sait-on du tireur ? 

Fiché S. "L'auteur des faits a été identifié et est activement recherché", a indiqué la préfecture, sans donner plus d'éléments. D'après les informations d'Europe 1, le tireur est né à Strasbourg et est âgé de 29 ans. Il est fiché S (pour "sûreté de l'Etat") depuis 2016. Christophe Castaner a précisé que l'homme est aussi connu pour des faits de droit commun. Il a été condamné à des peines de prison en France et en Allemagne, qu'il a purgées. Selon une source proche de l'enquête à l'AFP, il avait été signalé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lors d'un passage en prison où il s'était fait remarquer pour des violences et son prosélytisme religieux.

Les gendarmes ont tenté ce mardi matin de l'interpeller dans le cadre d'une affaire de tentative d'homicide. Son domicile, situé dans le quartier de Neudorf, a été perquisitionné et une grenade y a été retrouvée, selon nos informations. Le suspect n'était pas chez lui au moment de la perquisition.

Enquête ouverte pour "entreprise terroriste". La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé mardi soir s'être saisie de l'enquête sur l'attaque à Strasbourg. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle". Les investigations sont confiées à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, la direction interrégionale de la police judiciaire de Strasbourg et à la DGSI. 

Les réactions politiques

Emmanuel Macron dit "la solidarité de la Nation". Emmanuel Macron a écourté la réunion de parlementaires qu'il recevait mardi soir à l'Élysée, dans le sillage de la crise des "gilets jaunes", afin de suivre la situation à Strasbourg. Il s'est rendu à la cellule interministérielle de crise du ministère de l'Intérieur, activée par le Premier ministre, qu'il a quittée vers 1h40 sans faire de déclaration. Dans un tweet, Emmanuel Macron a exprimé la "solidarité de la Nation tout entière pour Strasbourg, nos victimes et leurs familles" :

La France passe en "urgence attentat". Christophe Castaner, qui s'est rendu à Strasbourg dans la soirée, a annoncé que la ville "fera l'objet d'un quadrillage renforcé" dès à présent. Les manifestations sont par ailleurs interdites. À échelle nationale, le plan Vigipirate, actuellement au niveau "renforcé", passe en "urgence attentat". Les contrôles aux frontières, mais aussi sur tous les marchés de Noël du pays, seront ainsi renforcés. 

La ville en deuil mercredi. Le maire de Strasbourg, Roland Ries, a pour sa part annoncé que les drapeaux seront mis en berne mercredi. Des spectacles seront également annulés, et le célèbre marché de Noël restera fermé. Les écoles, collèges et lycées seront ouverts mercredi mais il est recommandé que les enfants restent au domicile familial. 

Cette fusillade intervient alors que la France vit sous une menace terroriste élevée depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent qui a fait 246 tués depuis 2015. La France a été frappée deux fois cette année au cours d'attaques qui ont fait cinq morts. Le dernier a succombé à une attaque au couteau menée par Khamzat Azimov, assaillant de 20 ans abattu par la police, dans le quartier touristique de l'Opéra à Paris, le 12 mai 2018. 

Par avec Arthur Helmbacher, le service Police-Justice, et AFP

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