Attentat de Strasbourg : le tireur toujours en fuite, la police diffuse un appel à témoins

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L'auteur de l'attentat dans le centre-ville de Strasbourg est toujours activement recherché mercredi par les forces de sécurité, qui ont diffusé un appel à témoins. On dénombre deux morts, une personne en état de mort cérébrale et douze blessés.

La traque est lancée depuis mardi soir. Chérif Chekatt, l'auteur présumé de l'attentat qui a fait deux morts, et treize blessés, dont un en état de mort cérébrale, dans le centre-ville de Strasbourg, était toujours activement recherché par les forces de sécurité, mercredi soir. Le gouvernement a décidé de placer la France en "urgence attentat". Quatre proches du tireur présumé ont été placés en garde à vue, a indiqué le procureur de Paris à la mi-journée. 

Les principales informations à retenir :

  • Le tireur, identifié comme Chérif Chekatt, est toujours en fuite, traqué par des centaines de forces de sécurité
  • Un appel à témoins a été diffusé mercredi soir pour tenter de le retrouver
  • Deux personnes sont mortes, une est en état de mort cérébrale et douze autres ont été blessées mardi soir

Où en est l'enquête ?

Un appel à témoins a été diffusé mercredi soir par la police nationale pour tenter de retrouver Chérif Chekatt, le suspect de l'attentat, qui fait l'objet d'un mandat de recherche. Il est âgé de "29 ans, mesure 1,80 m, avec une corpulence normale, des cheveux courts, une barbe éventuelle, la peau mate et une marque sur le front".

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle". Mais mercredi matin, sur France Inter, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que "la motivation terroriste n'était pas établie" à ce stade. Lors de sa conférence de presse, le procureur de Paris a toutefois indiqué que plusieurs témoins avaient entendu l'homme crier "Allah Akbar". 

L'assaillant est depuis activement recherché. "700 personnes sont mobilisées" pour le retrouver, a affirmé mercredi Christophe Castaner. De sources proches de l'enquête, 420 policiers et 200 gendarmes sont à ses trousses. Le Raid, la BRI, et les militaires de Sentinelle, ainsi que deux hélicoptères sont mobilisés.

Quatre proches du tireur interpellés. L'un de ses frères a été arrêté et placé en garde à vue, selon les informations d'Europe 1. Un autre est fiché S. Trois autres proches du tireur ont été interpellés et sont actuellement entendus par les enquêteurs. Plusieurs recherches ont été menées dans la nuit de mardi à mercredi dans des appartements du quartier du Neudorf, sans succès. Les enquêteurs n'excluent pas l'hypothèse d'un passage de la frontière allemande, à quelques kilomètres seulement. Des barrages filtrants ont été mis en place, notamment sur les ponts qui enjambent le Rhin. "En principe, la frontière est fermée, mais tout est possible s'il a une voiture, ce que nous ne savons pas à l'heure actuelle", a indiqué le maire de Strasbourg au micro de Nikos Aliagas, mercredi matin.

Dans la nuit, un haut responsable de ministère de l'Intérieur confiait à Europe 1 : "On est dans le bleu". Autrement dit, le flou. Des dizaines d'adresses doivent être vérifiées, notamment de proches du suspect. "De nombreuses investigations sont toujours en cours", a confirmé le procureur de Paris, Rémi Heitz, mercredi midi. 

Que sait-on du tireur ?

Le principal suspect, prénommé Chérif Chekatt, est un Français d'origine maghrébine, né à Strasbourg et âgé de 29 ans. Depuis 2016, il est fiché S pour radicalisation. Ce dernier est "très défavorablement connu des services de police" en France et en Allemagne selon les précisions du ministère de l'Intérieur. Son nom est mentionné pas moins de 60 fois dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires, pour des braquages et des faits de droit commun (violences, vols, dégradations, outrages).

Condamné à 27 reprises en France, mais aussi en Allemagne et en Suisse, il se serait endurci lors d'un passage en prison. Il avait alors été signalé par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour son prosélytisme religieux. "Dès qu'il est sorti de prison, il a été suivi [par les services secrets]", a précisé mercredi le secrétaire d'État Laurent Nuñez, lors des questions au gouvernement. "Malheureusement il n'a jamais été détecté de velléité de passage à l'acte."

Selon les informations d'Europe 1, des gendarmes et des policiers, accompagnés de la DGSI, ont tenté de l'interpeller mardi matin, soit quelques heures seulement avant l'attaque, dans le cadre d'une affaire de tentative d'homicide sur fond d'extorsion et de contrefaçon. Lors de ce coup de filet, les enquêteurs ont interpellé quatre personnes à Eckbolsheim, à l'ouest de Strasbourg, mais la cinquième recherchée manquait à l'appel. Une grenade défensive, un pistolet 22 long rifle et des couteaux ont été découverts au cours de la perquisition au domicile du suspect. Un mandat de recherche a été mobilisé après cette perquisition, a ajouté Christophe Castaner, mercredi.

Quel est le bilan de l'attaque ?

Le dernier bilan de l'attentat fait état de deux morts, d'une personne se trouvant en état de mort cérébrale et de douze blessés dont six en situation d'urgence absolue, selon le procureur de Paris. D'après le maire de Strasbourg, Roland Ries, les victimes sont principalement des hommes. Un touriste d'origine thaïlandaise compte parmi les morts. "Certains ont eu une balle dans la tête", a indiqué l'édile sur BFMTV. L'hôpital de Hautepierre a indiqué que l'âge des blessés se situait "entre 20 et 65 ans", avec une répartition équivalente entre hommes et femmes, précisant par ailleurs qu'il y avait parmi les blessés des personnes touchées par une arme blanche. Aucun enfant n'a été touché dans l'attentat. Un centre d'accueil des familles a été ouvert pour les personnes recherchant des proches. 

Comment réagissent les autorités ?

Le plan Vigipirate relevé à "urgence attentat". Après cette attaque, le gouvernement a porté le niveau du plan Vigipirate à "urgence attentat", le stade d'alerte maximale, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Cette mesure comprend "la mise en place de contrôles renforcés aux frontières, et des contrôles renforcés sur l'ensemble des marchés de Noël en France pour éviter le risque de mimétisme", a-t-il poursuivi. "Il y aura aussi en complément une mobilisation plus forte encore du dispositif Sentinelle sur l'ensemble du territoire".

Après l'attaque, le "plan urgence attentat" a été déclenché. Qu'est-ce que cela signifie ?

Strasbourg "en deuil", le marché de Noël fermé jeudi. Dans la nuit de mardi à mercredi Emmanuel Macron a exprimé sur Twitter la solidarité de la "nation tout entière" après avoir présidé à Beauvau une réunion de crise interministérielle en présence du Premier ministre Édouard Philippe. "Nous avons mis les drapeaux en berne, évidemment", a expliqué sur notre antenne mercredi matin le maire de Strasbourg, Roland Ries. "Nous avons décidé de ne pas ouvrir le marché de Noël aujourd'hui (mercredi), tout en maintenant le dispositif de sécurité qui est en place", a détaillé Roland Ries. Cette fermeture a été reconduite jeudi.

Les manifestations interdites. La préfecture du Bas-Rhin a pris dans la nuit de mardi à mercredi un arrêté indiquant que "tout rassemblement statique ainsi que toute manifestation (cortège ou rassemblement) sont interdits jusqu'à nouvel ordre sur l'ensemble du territoire de la ville de Strasbourg". L'interdiction, limitée à la commune de Strasbourg, est justifiée par le fait que "cette situation exceptionnelle nécessite de prévenir tout trouble à l'ordre public et de permettre aux forces de sécurité intérieure d'être pleinement mobilisées sur les suites de cet événement".

Les "gilets jaunes" appelés à suspendre leur mobilisation

Compte tenu de l'"événement dramatique" de Strasbourg et des "réponses apportées par le président de la République" aux revendications des "gilets jaunes", la garde des Sceaux Nicole Belloubet a considéré que leur "mouvement (devait) cesser", mercredi matin, sur Public-Sénat. 

Une position partagée par Christian Estrosi, invité de la Matinale d'Europe 1. "Face à la menace que nous connaissons, il me paraît urgent de suspendre ce mouvement", a déclaré le maire de Nice, ajoutant que cela "n’empêche pas de poursuivre le dialogue" sur les revendications par ailleurs. De Tours à Marseille en passant par Calais, de nombreux "gilets jaunes" interrogés par l'AFP restent néanmoins déterminés à faire entendre leur colère, dans la rue ou autour de ronds-points.

Le rappel des faits

Vers 19h50, un homme armé d'un revolver d'ordonnance de 1892, calibre 8mm, "est rentré dans le périmètre du marché de Noël par le pont du Corbeau (l'une des voies d'accès au centre historique, NDLR) en se dirigeant vers la rue des Orfèvres", l'une de plus animées, a indiqué la préfecture. Puis "l'individu a ouvert le feu, blessant plusieurs personnes". La foule qui se pressait dans les rues alentour a quitté la zone précipitamment, et des passants ont trouvé refuge dans des bars et restaurants. 

Le tireur a ensuite pris la fuite vers la place Kléber, là où est installé le sapin de Noël géant. De nouveaux coups de feu ont été tirés, engendrant des mouvements de panique. Selon le procureur de Paris, Rémy Heitz, le suspect a également fait usage d'une arme blanche. Faisant face à quatre militaires de l'opération sentinelle, Chérif Chekatt a tiré dans leur direction. Leur riposte l'a blessé à un bras. "Peu après 20 heures", l'homme a quitté le quartier à bord d'un taxi, expliquant au chauffeur "avoir tiré sur des militaires et tué dix personnes". Déposé dans le quartier du Neudorf, il a à nouveau échangé des coups de feu avec des policiers, sans que personne ne soit touché. 

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